Marc-Henri Poirier est monsieur ski de fond

Denis Hudon
Marc-Henri Poirier est monsieur ski de fond

Il est une véritable force de la nature. Il est un passionné et il a encore la santé. À 89 ans, Marc-Henri Poirier, de La Doré, est un phénomène. Le ski de fond, c’est son dada.

Et chaque jour que le Bon Dieu amène, comme il dit, est, pour cet octogénaire, une journée de plus pour aller dehors pratiquer son sport favori.

Celui qui a eu sa boulangerie pendant 25 ans au village n’hésite pas à ce définir lui-même comme un grand extravagant. Et sa fille, Dominique, présente à notre rencontre, confirme en hochant la tête.

« Je fais du ski depuis l’âge de 8 ans et j’en ai aujourd’hui 89. On peut dire que j’ai toujours aimé ça. C’est en compagnie de mon frère aîné que j’ai découvert le ski et depuis, je n’ai jamais arrêté », lance Marc-Henri Poirier.

Encore aujourd’hui, dès que la température le permet, Marc-Henri Poirier embarque dans son auto et la plupart du temps, se rend à son endroit de prédilection, au Moulin des pionniers, à moins de deux kilomètres de chez lui, et chausse ses skis.

Il fut un temps où le froid ne le dérangeait pas. Aujourd’hui, il fait sa randonnée de ski lorsque la température n’excède pas les -15 ou -16 degrés Celsius.

« C’est le thermomètre qui me dit si je sors faire du ski ou non », dit-il en riant.

Jusqu’à l’âge de 35 ans, il a aussi fait du ski alpin. Sportif dans l’âme, la raquette à neige a aussi été un de ses loisirs de prédilection.

« Je suis orgueilleux »

« À une époque, j’aimais bien faire un aller-retour au lac à Ouellet, ou encore me rendre en ski à Saint-Félicien. D’autres fois, je prenais la direction de la branche ouest au lac Clair. Aujourd’hui, mon endroit favori est au Moulin des pionniers. Le paysage est superbe et les sentiers formidables ».

En fait, Marc-Henri Poirier a toujours la bougeotte. Que ce soit la marche, le ski de fond où la raquette, c’est toujours en forêt qu’il fait ses sorties. Et il connait bien les forêts environnantes de La Doré. Il les connait par cœur.

Mais qu’est-ce qui pousse cet homme, après tant d’années, à continuer à être aussi actif?

« C’est excellent pour me tenir en forme. Quand on vient presque au monde avec des skis, comme moi, on n’est plus capable de s’arrêter. J’ai besoin de prendre l’air. Je dois aussi l’admettre, j’aime le dépassement de soi. Et je suis très orgueilleux », admet-il, sourire en coin.

Il dit tenir de son père qui était  « un peu fou », mais dans le bon sens. Rien ne l’arrêtait lui non plus.

Et c’est un départ pour une balade de ski de fond sur le sentier qui longe la rivière aux Saumons, au Moulin des pionniers. (Photo Trium Médias – Denis Hudon)

Il voulait participer au Tour du mont Valin

Marc-Henri Poirier voulait, pour célébrer ses 90 ans, participer au Tour du mont Valin, un incontournable chaque printemps pour les amateurs et pros de ski de fond, depuis 34 ans.

« Ça me trottait dans la tête depuis un bon moment ».

Or, il ne pourra pas, l’événement a été annulé cette année, pour insuffisance d’inscriptions. Les organisateurs pensent même que c’est la fin définitive de ce rendez-vous.

La nouvelle a été dure à prendre pour ce Doréen qui se faisait une immense joie à l’idée de fêter l’année de ses 90 ans sur la montagne. Celui qui sera bientôt nonagénaire, le 7 juin prochain, peut toujours se consoler d’avoir vécu tout de même l’expérience, en 2010, année de ses 80 ans.

Marc-Henri Poirier avait relevé le défi en réalisant le parcours de 50 kilomètres. Si cela avait été possible, il aurait tout de même choisi un parcours plus court que la dernière fois. Il se faisait une joie de revoir Pierre Lavoie et les autres amis skieurs.

Vivre le moment présent

Marc-Henri Poirier a aussi beaucoup pratiqué le golf dans le passé, au terrain de Saint-Prime.

« Je prenais chaque déjeuner en compagnie de mon épouse. Pour ce faire, je partais à Saint-Prime à la levée du jour et je jouais mon parcours. Je pouvais ainsi être de retour pour le petit déjeuner », raconte-t-il, l’émotion à son comble, puisque sa douce est décédée, il y a de cela à peine quelques mois.

L’homme, vif et enjoué de nature, se remémore de beaux souvenirs de son enfance. Il y a cependant des anecdotes moins rigolotes. Comme le jour où son père lui avait acheté une paire de raquettes, à 45 $. Le salaire d’une semaine.

Quoi de mieux qu’une sortie en plein air le matin, avec une température idéale. (Photo Trium Médias – Denis Hudon)

« Je devais avoir 10 ou 12 ans. Je montais sur la grange familiale et je sautais en bas avec mes raquettes. Au bout d’un moment, j’ai fini par en casser une. Quand j’y repense, j’ai encore de la peine. Ça n’avait pas de bon sens. Mon père avait fait de gros sacrifices pour pouvoir me les acheter ».

N’ayez crainte, ses souvenirs et ses anecdotes sont pour la plupart très joyeux. Et ce qu’il retient le plus de sa vie encore aujourd’hui, c’est sa vie de couple et ses amitiés.

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