Mieux comprendre pour mieux soigner

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Par Yohann Harvey Simard
Mieux comprendre pour mieux soigner
Un groupe d’étudiants en médecine s’est rendu à Plume Blanche, à Mashteuiatsh, afin d’en apprendre davantage sur la culture de la communauté innue. (Photo : courtoisie)

Plusieurs jeunes médecins en devenir tentent de multiplier les rencontres avec les peuples autochtones afin de pouvoir leur prodiguer des soins dans le respect de leurs valeurs ancestrales. C’est ce que dix-sept d’entre eux ont fait dans la fin de semaine du 6 et 7 novembre derniers, lorsqu’ils ont effectué une retraite à Plume blanche, dans la communauté de Mashteuiatsh.

Le groupe d’étudiants de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke basée à Saguenay a alors été accueilli par Claude Boivin, membre de la communauté innue de Mashteuiatsh, et sa conjointe Mélanie Sheehy.

Durant deux jours, ils ont eu l’opportunité de participer à plusieurs activités qui leur ont permis d’en apprendre davantage sur la culture innue. Ils ont notamment pu s’adonner à

des ateliers portant sur l’utilisation des plantes médicinales.

« C’était très pertinent, surtout qu’il y a un point dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada qui dit qu’en tant que professionnels de la santé, on devrait faire plus d’efforts pour intégrer la médecine traditionnelle dans notre prise en charge des personnes autochtones », explique l’étudiant en médecine, Nathan Ng.

Il ajoute que Claude Boivin leur a également livré un témoignage poignant sur son passage dans les pensionnats autochtones.

« Nous, les étudiants, on entend souvent des gros termes comme racisme systémique et traumatisme intergénérationnel , mais ce sont juste des concepts. Là, ce qui était intéressant, c’est qu’on avait vraiment quelque chose de concret. Juste les émotions qu’il y avait dans son témoignage permettaient de concrétiser ces concepts-là. »

Rattraper le retard

Les activités de ce genre sont d’ailleurs appelées à se multiplier, indique Sharon Hatcher, professeure titulaire au sein du Programme de formation médicale à Saguenay.

« Il y a des chantiers importants dans toutes les facultés de médecine », dit-elle, précisant que le sort tragique de Joyce Echaquan a fait place à un « momentum » favorable.

Plus de médecins autochtones

Malgré leurs bonnes intentions, il y a toutefois des limites à ce que les médecins allochtones peuvent faire pour améliorer le rapport des communautés autochtones au système de santé québécois.

« La barrière de la langue restera toujours un enjeu important », rappelle Sharon Hatcher, soulignant qu’il est crucial de former davantage de médecins directement issus des communautés.

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