Photographe d’exception : Martin Gaudreault accumule les reconnaissances

Louis Potvin
Photographe d’exception : Martin Gaudreault accumule les reconnaissances
Martin Gaudreault expose avec fierté la statuette qu’il a reçue comme récipiendaire Maitre des arts en Italie. (Photo : Trium Médias – Louis Potvin )

Nul n’est prophète dans son pays. On utilise souvent cette image pour souligner le travail d’un artiste. Et bien pour le photographe Martin Gaudreault, la reconnaissance a bien souvent passé par l’Europe avant Roberval. La dernière en titre; il a été nommé Maitre des arts en Italie.

Ce peintre de la pellicule sait charmer et surprendre les amateurs de photographie en Europe avec ses clichés de paysages boréaux à couper le souffle.

« Ils adorent les grands espaces et les paysages d’hiver. C’est très flatteur de recevoir des reconnaissances en Europe, mais je suis également très fier d’avoir reçu l’Ordre du Bleuet. Pour l’Italie, je ne m’attendais vraiment pas de recevoir une telle distinction », témoigne humblement le photographe.

Il est important de souligner qu’il faut qu’un artiste soit vraiment décidé pour exposer ses œuvres en Europe.

« Il faut monter un dossier et surtout, il faut débourser 1 400 euros pour exposer au Carrousel du Louvre ou dans une exposition prestigieuse. Il faut faire des choix et on ne peut pas le faire toutes les années et payer les frais pour s’y rendre. Ça reste un hobby pour moi et un projet de retraite. »

Notoriété peu payante

Évidemment, exposer et recevoir des distinctions le fait connaître et accroit sa notoriété. Ainsi, ça lui permet de vendre des photographies. Les photos vendues ne lui permettent cependant pas de vivre de son art.

« Ce n’est pas comme la peinture. La photo, tout le monde peut en faire maintenant avec le numérique. Pour certains, on dirait que ça a moins de valeur comme forme d’art. Ce n’est pas le cas pourtant.  Je n’en vends pas autant que je voudrais. »

Pour un 16 x 20 pouces, l’artiste peut en tirer 800$. Il limite seulement à 5 le nombre de tirages pour créer une certaine rareté

Patience

On aurait tendance à croire que Martin Gaudreault retravaille ses photos énormément avec des logiciels afin de les rendre encore plus percutantes, mais ce n’est pas le cas.

« Je les retravaille très peu, je fais seulement légèrement amplifier ce qui est déjà présent. Il faut que la photo soit très bonne au départ pour ensuite y donner juste un petit boost pour la mettre encore plus en valeur. »

Martin, comme tout bon photographe, est patient. Il s’installe avec ses caméras et attend que la nature déploie ses splendeurs.

« Il faut être là au bon moment et peser sur le déclencheur à l’instant propice. Souvent, je sais que je vais avoir un bon résultat, mais ça se joue souvent en quelques secondes. Il faut apprendre à regarder, mais surtout à lire la nature. »

New York dans l’objectif : Martin Gaudreault rêve d’exposer dans une galerie prestigieuse à New York.

Les projets ne manquent pas pour Martin Gaudeault, mais le but ultime est de faire une percée aux États-Unis.

« Pour la photo, New York c’est la place où il faut exposer. C’est quelque chose que je travaille, mais c’est de longue haleine. Les reconnaissances en Europe vont m’aider, mais il faut que j’expose davantage en Amérique du Nord. »

Pour réussir à le faire, Martin Gaudreault a exposé à Toronto et vise l’Ouest canadien et américain. D’ailleurs, une de ses photos se retrouve dans une galerie à San Diego.

Il est désormais membre de la Société des artistes canadiens, ce qui va l’aider dans ses démarches. Grâce à cette association, il expose d’ailleurs dans une galerie à Pointe-Claire et au musée de l’Hôtel des Postes à Victoriaville.

Projet boréal

Le photographe caresse un projet artistique qu’il aimerait soumettre au Conseil des arts du Canada afin d’obtenir du financement. Il souhaiterait se rendre dans la forêt boréale et dans le Grand Nord pour y capturer les beautés et la lumière singulière de ces coins de pays.

« Je suis de plus en plus attiré par les grands espaces arides et sauvages. Je me sens connecté avec ce type de paysages. J’aimerais beaucoup aller à la découverte de coins peu photographiés. »

Cet appel du Nord et du froid, il aimerait le concrétiser également en réalisant un voyage en Islande et en Alaska pour photographier la froidure.

Ce talent pour les grands espaces en hiver s’est notamment cristallisé avec des photos à couper le souffle de la Traversée du lac Saint-Jean à vélo.

Retour en France

Martin Gaudreault pense aussi retourner en Europe en 2020. Son passage à deux reprises au Carrousel du Louvre lui avait permis de décrocher la médaille d’argent de l’Académie Arts, Sciences et Lettres de Paris.

D’ici là, il expose dans un musée virtuel français qui reçoit 10 000 visiteurs par semaine. « Je ne pensais pas que ça marchait autant. »

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