Pourquoi importer quand on élève dans notre cour?

Serge Tremblay
Pourquoi importer quand on élève dans notre cour?
Viandes Sélectionnées du Nord souhaite mettre en marché localement le bœuf élevé par des producteurs d’ici. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

D’où provient le bœuf que l’on met dans nos assiettes après se l’être procuré au supermarché ou dans une boucherie? Trop souvent de plus loin qu’on le pense.

« J’ai œuvré pendant plusieurs années comme boucher et la chose qui m’a le plus horripilé dans ce métier, c’était de voir que l’on vendait beaucoup de bœuf qui provenait de l’Uruguay, du Bangladesh et de l’Australie. Le consommateur moyen ne se doute pas de ça », affirme Dominique Harvey, de la Ferme Harvey.

Dans un marché très compétitif comme celui des produits d’alimentation, les boucheries doivent tenter de s’approvisionner à un coût avantageux.

« C’est évident que lorsque le bœuf est élevé avec des normes moins sévères qu’elles ne le sont chez nous au Québec, le coût diminue. En contrepartie, tu as une viande qui est de moindre qualité. »

Pourtant le haut du lac, et plus largement la région, compte bon nombre de producteurs de bœuf qui élèvent localement leurs bêtes selon des normes strictes. Il y a donc une viande de qualité qui devrait être aisément accessible au consommateur, martèle Dominique Harvey.

« Avec les fermes de Viandes Sélectionnées du Nord, on produit environ 600 à 700 bœufs annuellement. Si on pouvait en écouler une bonne partie localement, ce serait vraiment avantageux pour les producteurs. Ici, j’abats environ 250 bêtes annuellement et il serait intéressant de pouvoir augmenter ce chiffre. »

Abattoir provincial

La Ferme Harvey a par ailleurs amorcé des démarches dans le but de pouvoir obtenir les accréditations nécessaires afin de devenir un abattoir de type provincial. Si le projet se concrétise comme voulu, ce serait d’autant plus intéressant pour les Viandes Sélectionnées du Nord.

« Un permis d’abattoir de proximité nous limite à deux points de vente. En devenant un abattoir de type provincial, ça nous ouvrirait les portes pour les boucheries locales et les restaurants. On croit que la restauration aurait de l’intérêt pour de la viande locale de bonne qualité. »

Avant d’en arriver là, toutefois, la Ferme Harvey doit d’abord mettre en place une usine-pilote d’équarrissage, une condition essentielle pour rentabiliser un abattoir et valoriser à 100% le bœuf.

Où s’approvisionner?

D’ici à ce que des progrès puissent se faire sur ce front, Viandes Sélectionnées du Nord amorce ses activités avec différents produits : tomahawk, chaudières marinées, steak haché, T-bones, etc.

Pour obtenir les produits de Viandes Sélectionnées du Nord, il est possible de se rendre sur la page Facebook du même nom et de commander par messagerie instantanée ou encore de communiquer avec la boucherie de la Ferme Harvey.

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