Protection des milieux humides : une Loi qui inquiète

Louis Potvin
Protection des milieux humides : une Loi qui inquiète
Christian Taillon déplore que les agriculteurs devront payer des compensations pour des milieux humides sur les terres agricoles (Photo : courtoisie)

La Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques interpelle les élus et surtout les agriculteurs de la MRC du Domaine-du-Roy en raison des inconvénients qu’elle pourrait engendrer.

En effet, selon la cartographie réalisée par Canards illimités Canada, 16% du territoire de la MRC serait composé de milieux humides. La proportion atteint 25% pour Saint-Félicien et La Doré. Et principalement, ces milieux humides se retrouvent sur des terres agricoles.

« Nous ne sommes pas contre la protection des milieux humides, c’est la compensation que l’on trouve injustifiée. Les producteurs agricoles n’ont pas les moyens de payer un dédommagement de 20$ pour chaque mètre carré. Il faudrait qu’ils soient exemptés », réclame le président de l’UPA Domaine-du-Roy, Christian Taillon.

Ce dernier mentionne que plusieurs agriculteurs cultivent déjà des terres qui sont maintenant cartographiées comme étant dans des milieux humides. Il s’explique mal cette situation. Il demande qu’une harmonisation soit faite entre les cartes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et celles de Canards illimités Canada.

« Comme il y a eu du drainage de fait, les terres sont productives et ce n’est pas simple de dire que c’est un milieu humide. Comme nos terres servent à nourrir la population, je crois qu’il faudrait le considérer et les maintenir en production. »

Loi contraignante

Le préfet Lucien Boivin considère la Loi très contraignante, mais attend avant de mettre de la pression sur le gouvernement.

« Un peu comme pour les zones inondables, on estime qu’il y a des erreurs. De nouvelles cartes seront faites avec des données plus pointues. Quand nous les aurons, nous pourrons alors analyser et voir ce que l’on peut faire pour limiter les inconvénients », a-t-il déclaré.

Ce dernier affirme qu’il y a une incertitude en lien avec la réglementation et que les élus auront besoin d’éclaircissements, car cette Loi pourrait ralentir certains projets d’investissements s’ils se retrouvent dans des milieux humides. Les compensations peuvent couter cher.

À Saint-Félicien, le maire Luc Gibbons n’y voit pas trop de problèmes pour le développement de la municipalité.

« Il y a des milieux humides dans le secteur industriel derrière l’usine de cogénération, mais comme nous disposons de beaucoup de terrains ailleurs, nous ne développerons pas ce secteur. »

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