Syndicat local de l’UPA : Encore mieux valoriser l’agriculture

Louis Potvin Journaliste de l’Initiative de journalisme local
Syndicat local de l’UPA : Encore mieux valoriser l’agriculture

Milieux humides, transfert, assurance récolte, main-d’œuvre, valoriser les investissements, voici les sujets qui ont marqué l’année 2019 du syndicat local de l’UPA du Domaine-du-Roy.

« C’était le temps que nous puissions faire notre assemblée générale annuelle après l’avoir retardée, mais malheureusement il a fallu la faire à distance. On a donc eu moins de monde que prévu. Par contre, ce n’est pas les dossiers qui manquaient. Ç’a été une grosse année et la prochaine s’annonce tout aussi occupée. Ce qu’il y a de bons avec la pandémie, c’est que les gens achètent local et ç’a paru chez nos producteurs », s’exprime le président, Christian Taillon.

Ce dernier représente 243 membres œuvrant dans le domaine céréalier, du lait, du bœuf, des bleuets et autres. Christian Taillon juge que la valorisation de l’agriculture à sa juste valeur représente le cœur de ses représentations.

« On sent que les gens sont de plus conscients de l’importance de l’agriculture, il faut changer l’impression que certains chialent tout le temps contre la météo. Il faut plutôt montrer toute l’importance que nous avons dans l’économie locale. »

Il souligne que bien peu de producteurs font connaitre les investissements qu’ils réalisent.

« C’est souvent à coup de millions et les matériaux sont achetés localement et ils engagent les entrepreneurs locaux. On ne fait pas affaire avec Amazon ben ben, nous les agriculteurs. »

Christian Taillon veut faire connaître davantage le rôle du Chantier agroalimentaire de la MRC et les subventions que pourraient décrocher les producteurs pour des projets.

Assurance récolte

Le président souhaite que plus de producteurs agricoles souscrivent à l’assurance récolte de la Financière agricole.

« On le voit avec les changements climatiques, les épisodes extrêmes vont se répéter. Il y a trop de producteurs qui ne s’assurent pas ou mal. Il faut mettre le temps pour bien préparer nos dossiers de demandes de couverture pour se protéger. Et plus nous serons nombreux, plus la couverture sera adéquate. »

Il estime qu’au moins 30% des producteurs agricoles n’assurent pas leur récolte.

Remplacement

Le syndicat local de l’UPA du Domaine-du-Roy veut mettre en place un service de remplacement agricole comme il existe à quelques endroits au Québec.

Il s’agit d’une ressource qui pourrait être appelée à remplacer pour période de quelques semaines un producteur agricole.

« On ne parle pas ici d’employé, mais bien du propriétaire. Si un producteur veut prendre des vacances, a besoin d’un congé maladie ou autres, il pourrait faire appel à cette personne qui aura des compétences dans tous les domaines. Pour rentabiliser le projet, ça prendrait une quinzaine d’entreprises. Ça fonctionne très bien en Europe et ça permettrait à nos producteurs de souffler. »

Si le nombre n’est pas suffisant, des entreprises agricoles de la MRC Maria-Chapdelaine pourraient être sollicitées.

Milieux humides : Des progrès et encore du travail à faire

Le syndicat local l’UPA du Domaine-du-Roy a consacré beaucoup d’énergie concernant les redevances liées la Loi sur la conservation des milieux humides. Plusieurs producteurs craignaient de devoir payer des frais importants pour continuer à récolter leur terre.

« Nous avons eu des éclaircissements. Au moins, les parcelles qui ont été en culture au cours des 30 dernières années sont exemptées. Ç’a débloqué au cours de l’année, mais il reste encore des représentations à faire », informe le président, Christian Taillon.

Donc, si une terre se retrouve en vente et qu’une section désignée milieu humide a été cultivée, il n’y a pas de redevances à payer.

Par contre, pour ce qui est des secteurs humides non utilisables, la problématique reste entière. Christian Taillon estime que ce n’est pas aux propriétaires à payer pour ça, mais à l’ensemble de la société, car ça devient un bien collectif de protection.

Le cout de redevances est très élevé et plusieurs producteurs n’auraient tout simplement pas la capacité de payer.

Aussi, on veut une meilleure caractérisation des cartes, car les superficies totales considérées comme zones humides sont importantes dans la MRC. Le pourcentage est évalué à 16% sur du territoire. La proportion atteint 25% pour Saint-Félicien et La Doré.

Arterre

Par ailleurs, des efforts seront déployés pour mieux faire connaître le programme Arterre qui permet de réaliser des maillages entre propriétaires et travailleurs agricoles qui visent à le devenir dans le futur.

« Ça permet de travailler des dossiers de partenariat ou de relève agricole quand ça ne peut pas se faire avec la famille et éviter de vendre la ferme à un gros producteur. On perpétue la tradition et on aide un jeune à se lancer en affaires. Ça peut être bon dans notre région, car il y a des jeunes d’autres régions attirées par l’agriculture et les terres sont plus abordables ici qu’à Saint-Hyacinthe, ce qui pourrait les intéresser à s’établir. »

Soutien

Finalement, Christian Taillon et d’autres confrères poursuivent leur implication en tant que sentinelles afin d’intervenir auprès des producteurs dont on soupçonne des signes de détresse psychologique.

« Des fois, parler ça fait du bien et on les réfère à la travailleuse de rang si on juge que c’est nécessaire. »

 

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