Un mouvement pour que le Lac-Saint-Jean soit bio est né

Un mouvement pour que le Lac-Saint-Jean soit bio est né

Et si le Lac-Saint-Jean devenait complètement biologique en 2050? C’est l’idée que met de l’avant un agriculteur de Saint-Félicien, Carl Bouchard.

« Il n’y aurait que des avantages! Ça assurerait le développement de notre agriculture. On deviendrait plus attractif au niveau touristique. Notre région serait un modèle à suivre, surtout que de plus en plus de consommateurs se tournent vers le bio », lance-t-il.

Son idée, il la caresse depuis plusieurs années, mais il hésitait. Carl a profité de l’occasion qui se présentait lors du gala de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Félicien pour lancer un mouvement.

« Ça fait 20 ans que j’en rêve! En 2000, dans mon album de finissants, j’ai écrit que mon rêve était que le Lac-Saint-Jean devienne 100% bio. J’en parlais avec plein de monde et là, c’est le temps d’agir et de créer un mouvement pour que ça se concrétise. »

Dans un premier temps, il a mis sur pied une page Facebook pour que la population adhère au mouvement.

En devenant biologique, la région pourrait se démarquer et devenir un leader dans le domaine.(Photo courtoisie)

Se mouiller

Pour que ça se concrétise, plusieurs intervenants devront emboiter le pas et poser des gestes concrets.

« Ça doit commencer par le politique! J’espère que nos élus vont se mouiller. Par la suite, ce sont les intervenants du monde agricole, les agronomes, une coopérative comme Nutrinor et surtout la population. S’il y a plus de recherches dans le biologique et bien on aura des solutions de rechange à l’utilisation du Round up (un pesticide). En étant bio, nos terres seront plus fertiles », expose-t-il.

Diversification

Déjà, à Saint-Félicien et ailleurs dans la MRC, on retrouve de nombreux producteurs biologiques.

« Il faut se diversifier. Il y a peut-être un peu trop de lait sur notre territoire. Ça va prendre des éleveurs de porc, d’agneau, de volaille et de boeuf biologique. Ce genre d’élevage est moins exigeant et peut te permettre d’avoir une vie et de ne pas travailler sept jours sur sept. »

Carl Bouchard est issu d’une famille qui carbure au biologique. Son père et ses oncles ont été des précurseurs en se lançant dans le bio en 1978. La Ferme des chutes, qui porte maintenant le nom de BOUCHARD Artisan Bio, bénéficie d’une grande notoriété à travers le Québec.

Le passionné sait que le mouvement va rencontrer des réticences. C’est pour cette raison qu’il se donne plus de 30 ans pour y parvenir.

« Il faut ne faut pas avoir l’image d’une région grano et déconnectée, mais démontrer que tout le monde pourra s’enrichir en étant bio! »

Une diversification de la production animale serait souhaitable selon Carl Bouchard.(Photo courtoisie)

Loin d’être fou comme idée

L’idée que le Lac-Saint-Jean devienne complètement biologique n’est pas farfelue selon des intervenants du monde agricole

Gervais Laprise indique que la MRC du Domaine-du-Roy a déjà amorcé une démarche pour soutenir l’agriculture biologique. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

Gervais Laprise, conseiller en développement senior secteur agroalimentaire au CLD du Domaine-du-Roy, mentionne que la MRC a déjà amorcé ce virage.

« C’est certain que nous allons appuyer cette démarche. Déjà, le plan de développement en agriculture adopté en 2018 identifiait le biologique comme priorité d’action. Des mesures vont se mettre en place pour accompagner les producteurs dans leur volonté à prendre le virage biologique », note-t-il.

Selon le portail bio Québec, il y a plus de 60 producteurs biologiques dans la MRC du Domaine-du-Roy, ce qui représente plus de 30% des entreprises dans le domaine du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« On constate que c’est une niche dans notre secteur. Il faut l’accentuer. Par contre, ce qui va être important, c’est que certains producteurs peu intéressés par le biologique ne se sentent pas exclus de cette démarche. Il faut prendre le temps de bien se préparer pour effectuer ce virage. »

D’ailleurs, la MRC a entrepris des démarches avec Écocert, l’organisme de certification biologique, pour développer des outils d’accompagnement.

« Pour certain, il ne manque pas grand-chose pour être bio. Leur pratique s’y rapproche énormément. »

UPA

Le président régional de l’UPA, Mario Théberge n’est pas contre l’idée, mais estime qu’il faut laisser la liberté de choix aux producteurs.

Mario Théberge n’est pas contre l’idée que le Lac-Saint-Jean devienne 100% biologique, mais croit que se diriger vers une agriculture durable sera plus facile à réaliser. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

« On ne peut pas être contre ça, mais je crois que le modèle axé plus sur une agriculture durable comme le propose Nutrinor peut-être aussi porteur. Nous sommes rendus à une agriculture « ben logique » », déclare-t-il.

Mario Théberge mentionne que la très grande majorité des agriculteurs réduisent la quantité de fertilisants et d’herbicides dans leur culture, mais que ce ne sont pas tous qui sont prêts à se lancer dans le biologique.

Ce dernier croit que cette volonté va provoquer des discussions et qu’il faut y aller étape par étape afin que la région puisse tirer son épingle du jeu en agriculture.

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