Mercredi, 24 juillet 2024

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Des résidus de papetière et d’aluminerie dans nos bleuetières?

Yohann Harvey Simard
Le 15 mai 2021 — Modifié à 17 h 05 min le 15 mai 2021
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Qui aurait cru que des résidus en provenance des papetières et des alumineries de la région pourraient potentiellement améliorer la culture du bleuet? C’est là l’un des multiples projets qui sont en cours à la Bleuetière d’enseignement et de recherche (BER) de Normandin.

L’UQÀC pilote des recherches depuis déjà quelques années dans une bleuetière prêtée par la Corporation d’aménagement forêt de Normandin. Ces recherches sont appelées à se poursuivre dans la toute nouvelle BER de 55 hectares.

Depuis peu, les chercheurs ont amorcé un projet qui consiste à réutiliser les boues liquides des papetières et le sulfate de calcium des alumineries.

« Les boues liquides apportent de la matière organique et de l’azote dont la plante profite. C’est aussi un gain environnemental important puisque cette boue est généralement destinée à l’enfouissement et dégagera du méthane qui contribue à l’effet de serre », explique Maxime Paré, professeur à l’UQÀC et chercheur responsable de la BER.

Parallèlement, on a débuté l’utilisation de sulfate de calcium en provenance de l’aluminerie d’Arvida comme produit fertilisant. Les chercheurs documenteront l’impact de ce produit qui se veut très prometteur.

« Le problème du bleuet, c’est que c’est une plante acidophile qui aime bien un milieu acide. Normalement, quand tu ajoutes du calcium, c’est sous forme de produit chaulant (de la chaux), ce qui a pour effet de faire monter le pH du sol. Avec le sulfate de calcium, il n’y a pas d’effet sur le pH du sol et on apporte aussi du soufre. Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que c’est un produit régional! »

Autres projets

Autre projet ayant un impact direct pour les producteurs, la BER tente de déterminer la rentabilité potentielle d’un cycle de production aux trois ans. Actuellement, l’approche préconisée dans l’industrie est de récolter une année sur deux, laissant ainsi au sol et à la plante une année de phase végétative tous les deux ans.

« Nous faisons des tests sur trois ans, ce qui permettrait d’avoir seulement le tiers des superficies en phase végétative. Une telle approche pourrait permettre aux producteurs de bien s’en tirer même avec un rendement inférieur, ce qui abaisserait les coûts de production. »

L’équipe de la BER documente également les approches de fauche thermique et mécanique. Dans le cas du brûlage, une pratique bien connue dans le milieu, les résultats sont déjà clairs, même si on continue de les documenter.

« Le brûlage, c’est très clair que ça ne donne rien. On le documente malgré tout, mais c’est une pratique qui est trop onéreuse et qui n’apporte pas de résultat. »

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