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Réforme du régime forestier, la position des autochtones

Jonathan Germain salue l’abandon du projet de loi 97

Émile Boudreau
Le 03 octobre 2025 — Modifié à 23 h 21 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

La Première Nation des Pekuakamiulnuatsh se dit très heureuse de l’abandon du projet de loi 97. Un projet de loi qui ne répondait pas du tout aux attentes de la communauté en matière de gestion du territoire.

Pour Jonathan Germain, Chef de la Première Nation, l’une des principales sources de mécontentement envers le projet de loi 97 résidait dans la création d’un nouveau système de zonage appelé « triade ». Celui-ci devait diviser le territoire forestier public en trois catégories : les zones d’aménagement forestier prioritaire, les zones multi-usages et les zones de conservation. Toutefois, selon lui, ce système accordait une importance disproportionnée aux zones destinées à l’industrie forestière, au détriment des espaces voués à la conservation.

« Pour nous, ça aurait été préférable d’établir les zones d’aménagement à protéger en premier pour ensuite se concentrer sur les zones prioritaires de développement du territoire. », explique-t-il.

De plus, la non-reconnaissance des droits ancestraux dans le projet de loi était également devenue une source de friction pour la communauté qui espère que tout futur projet de loi qui touchera le territoire prendra en considération les réalités autochtones.

Une réforme nécessaire

Malgré l’abandon du projet de loi 97, une réforme du régime forestier demeure incontournable, estime Jonathan Germain.

« Dans un premier temps, le fait que ce projet de loi soit mis de côté, c’est clair que ça nous satisfait », explique-t-il. « Toutefois, nous avons tout de même des préoccupations puisque l’on sait très bien qu’il y a toujours du mécontentement concernant le régime actuel. »

Selon lui, le régime en place présente de sérieuses lacunes en ce qui concerne la participation des Premières Nations aux décisions sur l’aménagement du territoire.

Il déplore le fait que les consultations réalisées auprès de celles-ci ne soient pas réellement considérées et qu’elles manquent de suivi concret de la part des autorités.

« Souvent on se retrouve devant le fait accompli où nous avons des parties de territoires patrimoniaux qui se retrouvent détruits », affirme-t-il.

Il appelle également le gouvernement du Québec à tirer des leçons de l’échec du premier projet de loi et à établir une véritable relation de nation à nation avec les peuples autochtones.

« C’est certain que si ça repart de la même façon, il va y avoir une levée de boucliers », avertit-il.

Une approche régionale envisagée

Jonathan Germain souligne que des discussions ont déjà eu lieu avec des élus régionaux, notamment les préfets, afin de trouver une alternative au projet de loi 97 et qu’un consensus semble se dessiner autour de la nécessité d’une approche différente.

Pour lui, une piste de solution réside dans une gestion du territoire adaptée à chaque réalité régionale, où les décisions sont prises par les acteurs locaux.

« Dans un mode idéel, ce sont les gens sur le terrain qui devraient s’assurer de la planification. », affirme-t-il.

Il ajoute qu’une telle proposition pourrait éventuellement être portée de concert avec les instances régionales. « On veut s’assurer qu’il y ait une bonne gestion et que tous puissent y trouver leur compte. », conclut-il.

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