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Taux de suicide

Le Québec poursuit sa baisse, mais d’importants écarts persistent

Émile Boudreau
Le 02 février 2026 — Modifié à 15 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a dévoilé aujourd’hui son Portrait des comportements suicidaires au Québec 2026, qui confirme la diminution du taux de suicide, une tendance amorcée il y a plus de vingt ans. Entre 2000 et 2023, celui-ci est passé de 17,9 à 11,9 suicides par 100 000 personnes.

Malgré ce recul notable, le rapport met en lumière des disparités marquées entre les sexes, les groupes d’âge et les régions.

Les hommes beaucoup plus touchés

Comme les années précédentes, les hommes demeurent les plus à risque. En 2023, leur taux de suicide atteint 18,1 par 100 000 personnes, comparativement à 5,7 chez les femmes, soit près de trois fois plus.

Les hommes de 50 à 64 ans présentent quant à eux le taux le plus élevé parmi les deux sexes et tous les groupes d’âge avec 28,4 suicides par 100 000 personnes. Du côté des femmes, ce sont celles de 35 à 49 ans qui sont les plus touchées, avec un taux de 8,3.

Forte variabilité selon les régions

Le portrait révèle également des contrastes importants entre les régions. Les zones situées hors des grands centres urbains affichent souvent des taux supérieurs à la moyenne provinciale, tandis que certaines grandes villes, notamment Montréal, présentent des taux plus faibles.

Le Nunavik se distingue malheureusement avec un taux extrêmement élevé de 122,7 suicides par 100 000 personnes. Cinq autres régions dépassent significativement la moyenne provinciale, dont le Saguenay–Lac-Saint-Jean, à 15,3 suicides par 100 000 personnes.

Tentatives de suicide en hausse chez les jeunes filles

L’INSPQ s’est également penché sur les hospitalisations liées aux tentatives de suicide. En 2024, le Québec en a enregistré 3 786, soit un taux de 42,0 par 100 000 personnes. Contrairement aux suicides complétés, les tentatives entraînant une hospitalisation touchent davantage les femmes (53,7) que les hommes (30,9).

Les taux les plus préoccupants apparaissent chez les adolescentes de 15 à 19 ans. Ces dernières présentent le taux d'hospitalisations le plus élevé (178,0 par 100 000 personnes). Par ailleurs, chez les filles de 10 à 14 ans, le taux a triplé entre 2010 et 2024 pour atteindre 94,1.

Les visites à l’urgence pour tentatives de suicide demeurent préoccupantes. Après une augmentation notable en 2021. Chez l'ensemble de la population, le taux est passé de 50,9 visites par 100 000 personnes en 2019, à 57,9 en 2024, puis à 57,4 en 2025.

Une fois de plus, les jeunes filles de 10 à 14 ans et les adolescentes de 15 à 19 ans demeurent les plus touchées en 2025, avec respectivement 116,7 et 261,6 visites par 100 000 personnes.

Les visites pour idées suicidaires, quant à elles, ont continué d’augmenter depuis 2016, avant de se stabiliser en 2025, avec des taux comparables chez les hommes et les femmes, une particularité contrastant avec les tendances observées pour les suicides complétés et les tentatives.

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