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Grève au CPE Le Jardin de Robi

Premier conflit de travail visé par la nouvelle loi

Émile Boudreau
Le 09 février 2026 — Modifié à 08 h 43 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Le litige entre l’administration du Centre de la petite enfance (CPE) Le Jardin de Robi, à Roberval, et sa vingtaine de salariés, en grève illimitée depuis le 22 octobre 2025, devient le premier à faire l’objet d’un décret gouvernemental en vertu de la Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou lock-out, entrée en vigueur le 30 novembre dernier, rapporte Radio-Canada.

Cette loi permet au ministère du Travail de demander l’intervention du Tribunal administratif du travail (TAT) dans un conflit de travail afin qu’il détermine si des services minimaux sont nécessaires pour éviter d’affecter la population de manière disproportionnée en cas de grève ou de lock-out.

C’est l’employeur du CPE qui a signalé au ministère que la grève entraînait des répercussions majeures sur les 84 enfants fréquentant l’établissement et leur famille dès l'entrée en application de la loi. Cette démarche a ouvert la voie à l’analyse du dossier par le TAT. Rappelons que la dernière rencontre de négociation formelle entre les parties remonte au 6 novembre 2025.

Si le Tribunal juge que des services doivent être maintenus, les parties disposeront alors de sept jours pour définir lesquels. Le Tribunal évaluera ensuite leur suffisance, comme c’est déjà le cas pour les services essentiels. Faute d’entente, il pourra imposer sa propre décision.

En cas d’échec de la médiation, la Loi offre également au ministre du Travail la possibilité d’envoyer le dossier en arbitrage s’il estime que la grève entraîne un préjudice grave ou irréparable à la population.

Des contestations syndicales toujours en cours

Plusieurs organisations syndicales contestent actuellement la loi devant les tribunaux, soutenant qu’elle restreint indûment le droit de grève. La cause n’a toutefois pas encore été entendue.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) dénonce pour sa part « une attaque sans équivoque au droit des travailleuses » du CPE et une manière de briser leur rapport de force.

Sa présidente, Caroline Senneville, affirme que depuis l’adoption de la loi, l’employeur du CPE « n’a pas bougé d’un iota à la table de négociation », soutenant qu’il espérait une intervention gouvernementale au lieu de négocier. Elle accuse également le ministère de prendre position dans le conflit et de faire pencher la balance en faveur de l'employeur.

Le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSSCSN), Réjean Leclerc, abonde dans le même sens, estimant que la loi mine le processus de négociation en encourageant les employeurs à laisser traîner les discussions dans l’attente d’une décision gouvernementale.

La députée de Roberval reste neutre

La députée caquiste de Roberval, Nancy Guillemette, a réitéré qu’elle ne prendra position pour aucune des parties, évoquant le caractère judiciarisé du processus. Elle affirme toutefois demeurer préoccupée par les impacts de ce conflit, qui dure depuis plus de trois mois, sur les familles de la région.

Selon elle, l’objectif du décret, adopté le 4 février, est de contribuer à dénouer l’impasse, la décision finale revenant désormais au Tribunal administratif du travail.

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