Économie

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Budget 2026-2027

Le milieu agricole déplore un manque d’ambition du gouvernement

Émile Boudreau
Le 20 mars 2026 — Modifié à 17 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

L’Union des producteurs agricoles (UPA) juge que les mesures prévues pour le secteur agricole dans le budget 2026-2027 du gouvernement du Québec sont nettement insuffisantes pour répondre aux besoins et aux attentes des producteurs et productrices de la province.

Malgré un contexte de finances publiques jugé moins sombre que prévu, l’organisation estime que le premier secteur primaire du Québec a été laissé pour compte.

« Le gouvernement avait une ultime occasion de répondre à plusieurs des attentes légitimes et récurrentes des productrices et producteurs agricoles et forestiers. D'autant plus que le ministre Éric Girard fait directement référence à l'importance d'un environnement d'affaires compétitif, caractérisé par un cadre réglementaire simple et stable. Nos entreprises devront malheureusement chercher ailleurs que dans ce budget pour s'en prévaloir. », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.

L’UPA rappelle que les quelque 29 000 entreprises agricoles québécoises emploient plus de 52 000 personnes, contribuent activement à l’occupation du territoire et investissent annuellement 1,7 milliard de dollars dans l’économie régionale, tout en assurant l’alimentation durable de millions de consommateurs ici et à l’étranger. Selon l’organisation, ces retombées économiques et sociales auraient dû se refléter davantage dans le budget déposé.

Parmi ses principales revendications, l’UPA demandait notamment le remboursement complet de la contribution directe des entreprises agricoles au Fonds d’électrification et de changements climatiques. Les 30 millions de dollars annoncés à trois reprises depuis la mise à jour économique de novembre dernier sont jugés largement insuffisants. L’organisation parle d’une « injustice considérable », particulièrement dans le contexte de la flambée actuelle des prix de l’essence et du mazout.

L’UPA aurait également souhaité voir des investissements visant à hausser la part des dépenses publiques consacrées à l’agriculture, qui ne représente actuellement que 1 % du budget de l’État québécois, alors que la moyenne mondiale se situe autour de 2 %. Elle plaide aussi pour un soutien accru à la relève agricole, aux régions périphériques et à l’agriculture de proximité, de même que pour des mesures visant à mieux encadrer la fiscalité foncière agricole et à réduire le coût du financement de la dette à long terme des entreprises.

Les producteurs de grains misent sur une mise à jour budgétaire

De leur côté, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) partagent le constat d’un budget décevant. Ils estiment toutefois que la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ) pourrait ouvrir la porte à des ajustements budgétaires dès le mois prochain. Les deux personnes candidates au poste de premier ministre, Christine Fréchette et Bernard Drainville, ont pris des engagements envers le secteur agricole, notamment en matière de tarification carbone.

« Le ministre des Finances avait annoncé un budget timide : force est de constater qu'il a tenu parole. Très peu pour l'agriculture, rien pour compenser la tarification carbone que nous payons depuis des années. », a déclaré le président des PGQ, Sylvain Pion, rappelant que cette tarification nuit à la compétitivité des producteurs de grains québécois.

Les PGQ soulignent que le budget prévoit une marge de manœuvre de 1,3 milliard de dollars pour la personne qui accédera, le 12 avril prochain, à la tête de la CAQ et par le fait même du gouvernement. Dans ce contexte, l’organisation invite le gouvernement à présenter une mise à jour budgétaire afin de bonifier rapidement l’aide au secteur des grains.

« Avec la marge de manœuvre dont disposera la prochaine personne portée au pouvoir, nous nous attendons à ce que des sommes soient utilisées pour mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre de la course à la chefferie, soit le remboursement intégral et permanent des sommes versées par les producteurs », conclut Sylvain Pion.

Selon les PGQ, les fermes de grains ont versé plus de 150 millions de dollars au Fonds d’électrification et de changements climatiques depuis 2015, sans recevoir un soutien proportionnel en retour.

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