Cannabis à Saint-Félicien : deux poids, deux mesures

Rédaction

Le cannabis se présente sous différentes formes; il y a la version récréative, la version médicinale et la version industrielle qui se divise elle-même en deux groupes, c.-à-d. le chanvre à fibre (textile, isolant, plastique) et le chanvre de consommation humaine (graine et huile).

Il s’agit de la même plante sous forme de différents cultivars spécialisés. Tout comme les piments et les poivrons ou les tomates cerises et les tomates italiennes.

La ressemblance entre ces différents cultivars est étonnante. Il est pratiquement impossible de les différencier du seul coup d’oeil; une analyse chimique est nécessaire. C’est pourquoi la culture du cannabis sous toutes ses formes est soumise à différentes réglementations et nécessite un permis émis par le gouvernement fédéral via Santé-Canada.

À Saint-Félicien, en 2019, plusieurs dizaines d’hectares de chanvre à graine ont été cultivés par la Ferme Olofée à l’angle de Notre-Dame et du Rang Double. Il y a eu aussi le projet Nordika Nutraceutiques de production et de transformation de 25 000 mètres carrés de cannabis médicinal qui a été annoncé, mais qui ne se réalisera finalement pas.

Et il y a eu un projet de 200 mètres carrés de microculture biologique de cannabis médicinal sur le chemin Vallée qui, lui, a été refusé par le Conseil municipal pour cause de soi-disant non-acceptabilité sociale!

Dans les deux premiers cas, situés en zones agricoles, il n’y a eu aucune consultation publique. Les résidents ont pris connaissance du projet Nordika par l’entremise du journal local comme un fait accompli. Pour le chanvre industriel, même chose, les résidents ont été mis devant un fait accompli, ils se sont levés un matin avec des centaines de milliers de plants de cannabis derrière la maison.Il en a cependant été autrement avec le projet de microculture. Celui-ci se trouvait en zone de villégiature et bien que l’usage agricole y soit permis au niveau de la MRC, celui-ci n’apparaît pas au règlement de zonage de Saint-Félicien. Il était donc nécessaire de modifier ce règlement de zonage.

La mairie a suggéré la démarche de ‘’Projet Particulier de Construction de Modification ou d’Occupation d’un Immeuble’’ (PPCMOI) qui permet l’ajout d’un usage (activité agricole) spécifiquement à l’adresse concernée, ne créant pas, ainsi, de ‘’précédent’’. Le Comité consultatif en Urbanisme (CCU) a étudié le projet comme il se doit et parce qu’il répondait à toutes les exigences, il en a recommandé à l’unanimité l’acceptation au Conseil municipal. Celui-ci a aussi accepté à l’unanimité les deux projets de résolution nécessaires au processus.

Après un an de démarche et d’attente, le Conseil a fait volte-face et évoqué la non-acceptabilité sociale pour retirer son projet de résolution. Bien que le processus du PPCMOI contienne des dispositions claires et encadrées par la loi pour l’évaluation de l’acceptabilité sociale, pouvant aller jusqu’au référendum, le Conseil a soudainement préféré sortir de ce cadre pour s’assurer d’en contrôler l’issue finale. Ce faisant, il a privé la population de son droit démocratique et privilégié l’arbitraire.

Monsieur le maire appelle ça ‘’s’occuper du politique’’!

Le véritable enjeu était l’activité agricole en zone de villégiature. S’il avait été question de cultiver du ginseng, le projet aurait été accepté.

Le Conseil a donc traité un enjeu de cannabis. Alors quelle différence avec les deux autres emplacements? Pourquoi la présence du cannabis est-elle plus acceptable en zone résidentielle agricole qu’en zone résidentielle de villégiature?

    Le cannabis à Saint-Félicien, c’est deux poids, deux mesures!

Michel Gagnon

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