Lettre ouverte aux trois préfets du Lac-Saint-Jean : le lac Saint-Jean et les motomarines

Rédaction

Le lac ­Saint-Jean est menacé par une invasion grandissante des motomarines. ­Faut-il les règlementer ou les interdire ? ­Une intervention collective est nécessaire pour mettre fin à ‘’la tyrannie du vacarme‘’ avant qu’il ne soit trop tard.

Le lac ­Saint-Jean est un actif important du patrimoine collectif régional et québécois. Lieu de villégiature recherché, les résidences secondaires permettent le maintien de la vitalité des villes et villages qui se localisent tout autour. Avec son activité de pêche sportive, sa ­Véloroute, la pratique de différents sports nautiques, il apporte une contribution significative au développement du secteur touristique et à la qualité de vie des citoyens de la région et du ­Québec. Il permet aussi d’offrir de l’énergie à bon compte pour le maintien d’emplois à haut salaire dans le secteur de l’aluminium.

Des luttes collectives importantes et des mesures originales ont été prises pour maintenir, valoriser et améliorer la qualité de cet écosystème. La lutte pour encadrer, suivre et contraindre les activités du ­Rio ­Tinto a été essentielle pour préserver les berges du ­Lac. Cette lutte devra se poursuivre à mesure que l’amélioration des connaissances permettra de définir des mesures plus appropriées. L’activité de la pêche sur le lac et les rivières a été étudiée, encadrée, règlementée et suivie de sorte que la qualité de la pêche a été maintenue et améliorée. Les citoyens respectent ces nouvelles contraintes et acceptent de payer pour maintenir la qualité de pêche. Les municipalités collaborent pour le développement d’infrastructures qui favorisent l’accès au ­Lac. Elles mettent en place des mesures de plus en plus en plus contraignantes pour protéger la qualité de l’eau. Des groupes environnementaux et des associations de riverains dynamiques veillent à l’intérêt collectif.

L’augmentation rapide du nombre de motomarines est une menace pour la qualité de vie au ­Lac-Saint-Jean. Les motomarines contribuent à la pollution de l’eau ; elles sont une nuisance pour les activités de pêche et les autres activités nautiques ; mais surtout, elles produisent un bruit infernal dans un endroit recherché et fréquenté pour son calme et sa tranquillité. Le bruit des motomarines ne saurait être toléré dans aucun milieu de vie. Depuis 2017, les motomarines sont interdites dans le parc marin ­Saguenay-Saint-Laurent pour protéger la santé des bélugas. Lorsque les plaisirs des uns sont incompatibles avec celui des autres, une intervention est nécessaire.

­Est-ce possible de règlementer cette activité ou nécessaire de la bannir ? C’est une question urgente qui se pose. Je pense que tous les partenaires qui ont contribué à la mise en valeur du ­Lac doivent contribuer à cette réflexion et s’assurer que des mesures appropriées soient prises rapidement. C’est une bataille environnementale à mener par nos associations de riverains.

Quand le ­Lac-Saint-Jean sera devenu le paradis de la motomarine, il sera trop tard pour agir et le ­Lac sera devenu la caisse de résonnance de notre négligence collective.

Gilles ­Bergeron, économiste
Saguenay

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