Pour en finir avec notre déprime régionale

Rédaction

Au cours de la dernière décennie, notre région aura malheureusement perdu sa capacité de se mobiliser et de se concerter et conséquemment de s’affirmer. Nos ambitions de décentralisation auront été démolies à la suite du démantèlement par le gouvernement ­couillard de nos instances de concertation nécessaires à la reconnaissance des forces de chacune de nos composantes régionales.
Depuis, plus aucune stratégie ou planification régionale concertée n’aura su émerger, sinon quelques propositions sectorielles émanant tantôt d’une ville, d’une ­mrc ou bien d’un réseau institutionnel : le chacun pour soi.

Les ­clés ­de ­notre ­prospérité

Miser sur la nouvelle génération sans ignorer la contribution de la précédente. Se positionner comme les champions de la transition écologique et énergétique dans le contexte de la lutte aux changements climatiques. Miser sur la ressource forestière pour un virage économique vert.
Miser sur une agriculture de proximité par la mise en place de circuits courts dans un objectif de souveraineté alimentaire. S’appuyer sur l’hydroélectricité et la biomasse pour s’affranchir des énergies fossiles. Consolider notre leadership en matière de tourisme durable. Exporter notre ­savoir-faire en matière de lutte au décrochage scolaire. Miser sur la contribution de la culture comme affirmation de notre originalité et de notre vitalité. Convenir d’une entente de développement, mutuellement avantageuse, avec la communauté de ­mashteuiatsh.

Mettre ­fin à l’attentisme

Depuis trop longtemps la région aura multiplié les initiatives, les propositions, les revendications pour la diversification de son économie, pour contrer le déclin de sa population, pour la décentralisation des pouvoirs, pour davantage de redevances sur les ressources naturelles et l’attente de la promesse de transférer en région 5 000 emplois de la fonction publique.
Au fil des dernières décennies, tellement d’espoirs et d’attentes auront été déçus et à moins de souffrir d’amnésie, il nous faut sortir de cet insoutenable tournage en rond, changer les paradigmes pour nous donner un nouveau projet de société basé sur la prise en main de notre gouvernance.

Et ­maintenant, ­comment ­on s’y ­prend ?
Se faire confiance.

Notre région est réputée pour sa très grande capacité d’autonomie et de solidarité. Sa volonté d’assumer de façon responsable son destin économique, social et culturel s’est fièrement affirmée lors du référendum de 1995 en votant à plus de 73 % pour le ­oui.
Tant que le ­québec demeurera une nation qui ne gère que la moitié de ses impôts qui servent à subventionner le ­canada pétrolier, oublions les promesses de plus de redevances sur les ressources naturelles, de promesses de transfert de plus de fonctionnaires, de promesses de décentralisation et notre ambition de n’être plus seulement une région pourvoyeuse de ressources qui sert à l’enrichissement des autres.

L’antidote ­au ­déclin

Ce n’est pas faute d’efforts soutenus et d’argumentaires que notre région a tenté d’obtenir de vrais pouvoirs d’agir sur notre développement.
La véritable voie de sortie passe inéluctablement par cette fierté qui nous a été transmise de porter la responsabilité de nos succès comme de nos échecs et surtout par une gouvernance décentralisée que seul un ­québec indépendant rendra possible.
Pour nous donner les moyens de nos ambitions et redevenir une région attrayante et prospère, on ­se ­crache ­dans ­les ­mains ­et ­on s’attèle à ­faire ­naitre ­le ­québec ­pays.

Bernard Généreux, ex-maire de Saint-Prime, ex-préfet MRC  Domaine-du-Roy, ex- Président  FQM.

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