S’unir pour un nouveau partage des redevances sur les ressources naturelles

Rédaction

On estime que sur l’ensemble de la région, les diverses entreprises, que ce soit au niveau forestier, minier ou hydroélectrique, versent pas moins de 218 M $ annuellement de redevances sur les ressources naturelles. Actuellement, l’ensemble de ces redevances vont directement dans le ­Fonds des générations, créé en 2006, qui vise à réduire la dette du gouvernement québécois. Il s’agit là d’un objectif noble, mais qui repose principalement sur les épaules des régions ressources du ­Québec, car le ­Fonds des générations est principalement constitué des redevances sur les ressources naturelles.

C’est ainsi, que la firme ­Groupe performance stratégique (GPS) a calculé que les régions ressources contribuent annuellement à ce fonds à la hauteur de 789 $ par habitant, alors que le reste du ­Québec en fournit seulement 88 $ par habitant. Il nous apparait totalement inéquitable que les citoyens et citoyennes des régions dites ressources contribuent presque 10 fois plus que ceux et celles du reste du ­Québec.

S’il fut un temps où nos grandes entreprises, que ce soit de la filière forestière ou de l’aluminium, fournissaient des emplois par milliers, tel n’est plus le cas. C’est ainsi, à titre d’exemple, qu’en 1980, l’Alcan avait plus de 10 000 employés, alors qu’aujourd’hui, c’est moins de 3 000 et on peut penser que de ce nombre, 50 % pourraient être abolis par l’utilisation de nouveaux procédés de production. On constate également le même phénomène dans l’industrie forestière, où des usines à papier qui avaient plus de 600 employés fonctionnent maintenant avec une centaine de ­ceux-ci.

Dans le passé, tant la région que le gouvernement du ­Québec y trouvaient leur compte. La région récoltait beaucoup d’emplois bien rémunérés, alors que le gouvernement du ­Québec recevait l’ensemble des redevances liées aux ressources naturelles. Tel n’est plus le cas. C’est pourquoi nous avons besoin d’un partage équitable des redevances sur les ressources régionales.

Qui plus est, il nous faut établir le principe que toute utilisation d’une ressource naturelle doit être accompagnée d’une redevance régionale. Il y a là une possibilité de récupérer plusieurs dizaines de M $ par année, tant pour compenser les milliers d’emplois perdus, que pour se constituer un fonds de développement régional qui servira non seulement à l’économie actuelle, mais également à celle des générations futures.

Ville de ­Saguenay en a fait une de ses orientations. C’est très bien, mais une telle démarche ne pourra se réaliser s’il y a seulement ­Ville de ­Saguenay qui la met de l’avant. Pour ce faire, il nous faut une mobilisation de l’ensemble des intervenants régionaux, tant du domaine politique, économique, social, culturel, communautaire, qu’environnemental.

À partir du moment où l’ensemble de la région se mobilisera, il sera difficile pour le gouvernement du ­Québec de ne pas y donner suite. Notre région à besoin d’un projet mobilisateur qui fait consensus et qui profitera à tous et à toutes. C’est à ce prix que nous pourrons nous donner un meilleur avenir. En ­serons-nous capables ? ­Nous le croyons.

Denis Trottier, Ex-député de Roberval
Jean-Marc-Crevier, Conseiller Ville de Saguenay

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