Comment se fabrique un meurtrier?

Comment se fabrique un meurtrier?

Le cas Joé Fergusson démontre encore une fois toute la capacité du Théâtre Mic-Mac de nous surprendre. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

Et si c’était la faute à Tim Hortons? Intrigant! Et si le confort de l’uniformité et la peur de la différence nourrissaient une personne à commettre l’impardonnable ? C’est peut-être ça, le Cas Joé Fergusson, la 70e production du Théâtre Mic-Mac.

Terriblement actuelle, la pièce signée Isabelle Hubert montre, implacablement, ce qui peut mener à créer un monstre…un tueur.

Le spectateur apprend rapidement que la directrice de l’école, une religieuse, est assassinée et que son assassin se fait harakiri. Une fille de la ville vient poser des questions dans ce coin perdu pour ses études en criminologie.

Les langues tardent à se délier pour parler du pauvre Joé. La cruauté, l’indifférence, la méchanceté et l’intimidation ont marqué sa jeunesse.

La pesanteur du silence

Jacob Lévesque est excellent dans son rôle de Déreck. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

C’est Déreck, incarné par Jacob Lévesque, qui est le premier à s’ouvrir. Le comédien est criant de vérité, surtout dans ses silences. Le spectateur lit dans ses yeux les secrets qu’ils cachent en lui. Un jeu allumé, rafraichissant et nuancé.

Coincée, la thanatologue Dorothée hésite à dévoiler ce qu’elle sait. Marie Bergeron est tout en retenue, mais réussit à faire passer sa compassion et son amertume subtilement.

C’est la secrétaire de l’école, Valérie, qui en sait le plus sur Joé Fergusson. Rongé par les remords, le personnage interprété par Mélanie Tremblay mesure tout le poids de son inaction et de son silence. Prestation convaincante.

Valérie Bélair se débrouille bien dans son rôle de Camille. Sa naïveté et son désarroi n’étaient pas faciles à rendre.

Le vent nous portera

La mise en scène de Réjean Gauthier est sobre et efficace. Peut-être un peu statique, mais le texte impose que les personnages racontent plus qu’ils n’interagissent. Ce qui a pour conséquence qu’il y a peu de tension dramatique.

Marie Bergeron incarne Dorothée qui hésite à se dévoiler à Camille (Valérie Bélair) (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

Par contre, le texte est drôle, riche et complexe. Il fait notamment réfléchir sur l’hermétisme de nos communautés tissées serrées et de ses conséquences. Quels sont les impacts insoupçonnés de l’arrivée d’un Tim Hortons dans une localité ?

Et surtout, comment est-il possible de pardonner l’impardonnable afin de se libérer d’une vie de marde? Alors…  tout disparaîtra, le vent nous portera.

Le Cas Joé Ferguson est présenté les vendredis à 20h et les dimanches à 15h jusqu’au 28 avril à la salle Lionel-Villeneuve à Place des ursulines.

 

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