Éric Tanguay a plus d’un truc dans sa manche

Denis Hudon
Éric Tanguay a plus d’un truc dans sa manche
Éric Tanguay a été initié tout jeune au monde des affaires avec son père qui a fondé la Boutique Normand Tanguay et dont il est aujourd’hui le propriétaire. (Photo : courtoisie)

Éric Tanguay a de qui retenir. De son père d’abord, qui a fondé en 1994 sa mercerie, la Boutique Normand Tanguay, et dont il est le propriétaire, depuis 2005. La bosse des affaires et bien présente chez les Tanguay, oncles, cousins, grand-père et même arrière-grand-père. Qu’on pense seulement aux origines de Construction Tanguay-Bonneau, P.A.R. Tanguay Construction, Construction Tanguay et Frères, Construction Martin Tanguay, l’ancien Moulin des Tanguay sur la rivière Ouiatchouaniche, etc.

« Mon père, Normand, a commencé dans la mercerie en 1974, avant de partir sa propre business en 1993. À l’époque, Gaston Blackburn qui était propriétaire du Carrefour Saint-Félicien, cherchait à combler un manque dans le domaine du vêtement pour hommes dans son centre commercial. C’est comme ça que mon père a décidé d’ouvrir sa boutique », raconte Éric Tanguay qui a vite été initié aux affaires avec le paternel.

D’ailleurs, Éric Tanguay donnera un coup de main au magasin en partageant son temps entre les études et la boutique. Il excelle comme acheteur et conseiller, tellement que trois ans plus tard il devient acheteur principal, à temps complet, et effectue régulièrement la navette entre le Lac-Saint-Jean et Montréal en passant par Québec.

Savoir anticiper

Éric Tanguay a le don de dénicher des collections qui plaisent à sa clientèle, tout en ayant à l’œil les nouvelles tendances.

Il pense comme un bon joueur d’échec, toujours un coup en avance. Un sens des affaires qui le sert bien encore aujourd’hui.

« Je suis habitué de voir loin en avant, justement pour éviter de me trouver en mauvaise posture. C’est ça être en affaires, il faut sans cesse s’adapter et ne pas avoir peur d’essayer. C’est comme ça que j’ai ramené mes commerces dans un même édifice, sur le boulevard Hamel, et ça s’est avéré une bonne décision », donne-t-il en exemple.

C’est la même chose avec sa collection de vêtements d’hiver avec la pandémie.

« Avec les mesures de reconfinement de la santé publique à partir de novembre, je devais réagir rapidement. Je savais que ce serait différent pour les ventes cet hiver. Au lieu de miser trop sur les vêtements de luxe, j’ai opté davantage sur les vêtements de sports. Ça répond davantage actuellement aux besoins de la population. Les gens ne font plus de rassemblements, mais ils font du sport, de la marche, ils sortent à l’extérieur ».

Le système D est la meilleure garantie

C’est lorsqu’une tuile lui tombe sur la tête que la personne en affaires trouve des solutions les plus créatives. Éric Tanguay, en homme d’affaires averti, se met alors en mode débrouillardise pour traverser les crises, comme celle de la pandémie en ce moment.

« Je n’hésite pas à faire appel au système D quand les temps sont plus difficiles. Tu te débrouilles pour que les choses marchent. J’ai donc converti mes chemises à manches longues, que j’avais en grand stock au printemps et que je n’avais pu écouler à cause du premier confinement, en manches courtes pour l’été. La réponse de la clientèle a été instantanée. J’ai même battu des records de vente. Surtout qu’on a connu un été exceptionnellement chaud ».

Action-réaction

Si la première vague de la COVID-19 a pris tout le monde par surprise, Éric Tanguay s’est rapidement ajusté à la situation. Pendant le confinement, il s’est lancé sur Facebook et la vente en ligne. Par ses nombreux contacts en affaires, il a pu naviguer en eaux troubles et tirer son épingle du jeu. L’aide gouvernementale, particulièrement la PCU, est venue donner aussi un solide coup de pouce. Il a bien fallu que l’employeur fasse des coupures temporaires chez ses employés. Éric Tanguay sait que son personnel sera de retour dès que la pandémie s’essoufflera un peu.

Lors du premier confinement, il s’est lancé aussitôt dans la vente de couvre-visages.

« J’avais un fournisseur avec un excellent contact. J’ai pu vendre ainsi des dizaines de milliers de masques jetables et plus de 2 000 masques lavables. Ç’a permis de maintenir nos frais fixes et de nous rendre au 12 mai, au moment de la réouverture des commerces », explique Éric Tanguay.

Il a pu ainsi se rendre jusqu’à l’été où les affaires ont été excellentes. Il a fallu toutefois que l’homme d’affaires soit créatif.

« Si je n’avais pas l’expérience et que je ne regardais pas plus loin que le bout de mon nez, jamais je ne pourrais traverser la crise sanitaire actuelle. »

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