Le Centre de valorisation de biomasse sur la bonne voie

Louis Potvin
Le Centre de valorisation de biomasse sur la bonne voie
Le Centre de valorisation de la biomasse permettrait de valoriser des cimes d’arbre qui habituellement pourrissent en forêt. (Photo : Trium Médias – Louis Potvin)

Presque tout est en place pour que le Centre de valorisation de biomasse à Saint-Félicien, évalué à 12 M$, se concrétise. Il ne manque que le financement de Québec et d’Ottawa.

Ce centre permettrait de valoriser la cime des arbres laissés en forêt pour les transformer en granules industrielles expédiées à l’étranger et en biomasse pour chauffer des industries à proximité.

Le projet a récemment été déposé au gouvernement du Québec et aurait reçu un accueil favorable.

« Il s’agit du seul projet forestier retenu dans le cadre des projets de relance économique régionaux. Le fait que nous proposons un système intégré qui permet de valoriser 90 000 tonnes de cimes d’arbres qui pourrissaient en forêt pour les transformer en produits énergétiques a reçu un accueil très favorable », mentionne le directeur de l’usine de cogénération Greenleaf Power, Pascal Turcotte, qui pilote le dossier.

Logique

Le concept semble simple au premier abord.  Lors de la récolte forestière, les entreprises vont couper les cimes en section de douze pieds et les mettre de côté.  Elles seront chargées et transportées à l’usine de cogénération.

Ces tiges seront broyées, écorcées et conditionnées selon les besoins. Des 90 000 tonnes humides, 23 000 tonnes d’écorces sèches serviront à fabriquer de l’électricité à la centrale thermique. Le cœur de la cime sera transformé et conditionné pour fabriquer 30 000 tonnes de granules industriels secs.

« On ne rentre pas en concurrence avec Granules LG, qui est dans le résidentiel. Nous avons une lettre d’intention d’achat avec Granules 777 qui est au port de Grande-Anse. Le granule sera acheminé par bateau à des grosses industries en Europe qui utilisent les granules pour chauffer leurs installations plutôt que le combustible fossile.  Le marché est immense. »

Aussi, un peu plus de 9 000 tonnes de plaquettes de qualité standardisée pourraient être vendues à la ferme Olofée et à Pavex pour utiliser dans leurs installations.

Rentabilité

Selon Pascal Turcotte, le projet sera rentable en raison des installations en place à l’usine de cogénération et l’ajout d’un réseau de chaleur.

En effet, le réseau de chaleur résiduelle générée par l’usine servira à faire fonctionner à faibles coûts les équipements, dont le séchoir, l’écorceur, le raffineur et la machine à fabriquer les granules.

« On utilise une chaleur qui se perdrait autrement. C’est un concept intégré qui permet de valoriser un résidu forestier pour générer de l’économie dans le milieu. »

Pour que le projet de 12 M$ se concrétise, Québec doit donner un signal en accordant une subvention. Par la suite, le fédéral pourrait suivre.

« Il sera alors plus facile de compléter le financement. Évidemment, Greenleaf Power va investir dans le projet, car il va permettre de sécuriser les apprivoisements pour fabriquer de l’électricité. »

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JF Robert
JF Robert
23 jours

Dans un peuplement résineux à maturité, une grande partie des éléments nutritifs disponibles se trouvent dans la cime des arbres, résultat d’un processus de cyclage particulièrement efficace chez les résineux. « Exporter ces nutriments pourrait avoir un impact sur certains sites. Est-ce que l’on tient compte de cet aspect dans l’évaluation d’un tel projet ?