Une bouffée d’air pour les scieries indépendantes

Julien B. Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Une bouffée d’air pour les scieries indépendantes
La prix élevé du bois d’œuvre est très profitable pour les scieries indépendantes, dont la scierie Martel, qui a récemment investi 5 M$ pour moderniser ses équipements. (Photo : courtoisie)

Le prix du bois d’œuvre a pratiquement triplé depuis un an, passant de 500 $ à 1400 $ par millier de pieds, pour un 2×4 d’épinette-pin-sapin de l’Est. Si ce prix risque de décourager le consommateur, les scieries indépendantes sont toutefois soulagées de cette hausse.

C’est notamment le cas pour la Scierie Martel à Alma, qui fonctionne à plein régime depuis le 1er mars, et qui prévoit persister sur cette lancée jusqu’au 20 décembre, date d’arrêt annuelle des opérations. L’usine entend produire 14 millions de pieds cette année.

Son directeur, Raynald Martel, affirme que c’est du « jamais vu ».

« Je n’ai jamais vu ça de ma vie! Jamais, jamais! Lors de la crise financière en 2008, il était monté, mais pas comme ça. L’an passé, il a monté haut, il est retombé au mois de novembre et je pensais que le dossier était réglé.  Mais ç’a redécollé de plus belle. On ne s’en plaindra pas! », se réjouit-il.

Variations

Le prix du bois dépasse ainsi le 1 300 $ par millier de pieds qui avait été atteint en septembre dernier. En octobre, celui-ci a chuté à un peu plus de 700 $, pour ensuite remonter en novembre.

Depuis le début du mois de mars, celui-ci s’est stabilisé à en moyenne 1 400 $. Le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) s’attend par ailleurs à ce que la forte consommation de bois perdure cet été.

« Ça fait du bien en tabarnouche! Ça donne de l’oxygène aux scieries parce que ça faisait assez longtemps qu’on manquait d’argent, qu’on ne travaillait pour rien », ajoute Raynald Martel.

Mais tout ce qui monte redescend et le marché ne doit pas être tenu pour acquis, admet-il. Le bois d’œuvre est un marché à forte volatilité.

« Ça va retomber un moment donné. Les prix étant ce qu’ils sont, ça a un petit côté pervers. Les États-Unis font entrer beaucoup de bois issus des pays scandinaves et de la Russie. Ça pourrait emmener une pression à la baisse. »

À la prochaine crise?

Selon le consultant et ingénieur forestier Gérard Poulin, les conditions actuelles sont grandement bénéfiques pour les cinq scieries indépendantes de la région – Scierie Martel, Girard, du Lac-Saint-Jean et Lignarex – qui profitent de l’occasion pour rembourser leurs investissements.

« C’est très bon pour les scieries indépendantes. Elles payent leurs dettes, c’est-à-dire, les investissements qu’elles ont faits. Elles se préparent pour la prochaine crise. Elles prennent de l’avance. Prenons par exemple la Scierie Martel, qui vient d’investir 5 M$ pour se moderniser, ou encore la Scierie Girard, qui a investi 10 M$. S’il n’y avait pas eu de bonnes perspectives, je ne pense pas que les banques auraient embarqué dans des investissements de cette envergure », conclut-il.

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