L’héritage des pensionnats autochtones

L’héritage des pensionnats autochtones

Au Centre d’amitié autochtone, les gens peuvent trouver une deuxième famille, et ce, loin des jugements.

Crédit photo : Trium Médias – Hélène Gagnon

Selon le dernier recensement de 2016, 9,6% de la population de Roberval est autochtone. On parle d’un bond de 2,2% depuis le recensement de 2011.

Pour le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, implanté il y a moins d’un an, il est impossible de ne pas considérer cette population.

«Les problématiques, liées à la nation autochtone, découlent d’un événement, soit les pensionnats. On parle de blessures qui se sont transmises, de génération en génération, d’enfants enlevés à leur famille, mais aussi d’abus physiques et psychologiques.»

«Aujourd’hui, la toxicomanie et l’alcoolisme sont de nouveaux problèmes qui découlent de cet événement», explique Mélanie Boivin, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Roberval.

Statistiques percutantes

Le taux d’emploi de la population autochtone de Roberval est de 43,7%. Les statistiques démontrent que 42,7% de la population autochtone de Roberval n’a aucun diplôme.

«On remarque que l’éducation n’est pas considérée à sa juste valeur. Encore là, cette idée découle des pensionnats. L’éducation ravive toujours cette blessure. Pourtant, elle fait partie de la solution.»

Au niveau de l’alimentation, 60% des demandes de la banque alimentaire de Roberval proviennent de la clientèle autochtone.

L’alimentation est une autre problématique liée au déracinement des jeunes de leur famille. La transmission des savoirs ne s’est pas faite.

Choc des valeurs

En plus des 945 autochtones, qui ont élu domicile à Roberval, la ville est un lieu de convergence important, spécialement pour les membres des communautés d’Opticiwan et de Mashteuiatsh.

Les préjugés sont tenaces. Pour Mme Boivin, la méconnaissance de la situation explique cela.

«Je ne peux pas mettre toute la population dans le même panier, mais certains jugent sans connaître la situation. Le jugement ne fait qu’aggraver la situation.»

Il y a également un choc des valeurs entre autochtones et allochtones, en raison de leur mode de vie.

«Il faut comprendre cette culture avant de porter des jugements. Des éléments, qui peuvent être inacceptables pour certains, sont, pour les autochtones, un mode de vie ancré dans leurs racines.»