1M$ pour une stratégie : devenir LA destination touristique familiale au Québec

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Par Louis Potvin
1M$ pour une stratégie : devenir LA destination touristique familiale au Québec
Selon Alexandre Danieli, la MRC doit profiter de sa place enviable sur l’échiquier touristique pour en tirer profit. (Photo : Courtoisie)

La MRC du Domaine-du-Roy à l’ambitieuse volonté de devenir, d’ici 2023, LA destination touristique familiale au Québec. Et pour y parvenir, elle injecte 1 M$ en cinq ans dans une stratégie de développement.

La MRC veut donc profiter des sites majeurs que sont le Zoo de Saint-Félicien et le Village historique de Val-Jalbert pour attirer davantage de touristes et devenir une destination incontournable. On prend donc sa destinée en main en mobilisant tous les acteurs de l’industrie vers ce but commun.

« On veut se définir nous-même. Il faut se distinguer davantage et mieux structurer notre offre autour de nos sites majeurs. Il faut utiliser nos forces, car on ne les exploite pas suffisamment. Whistler est une destination en soi en Colombie-Britannique, il faut qu’on le devienne aussi pour le Québec. C’est toute la région qui va en profiter », avance le conseiller en tourisme au CLD Domaine-du-Roy, Alaxandre Danieli.

Ce dernier fait valoir que la MRC dispose d’un avantage concurrentiel sur les autres MRC de la région.

« C’est nous qui accueillons le plus grand nombre de touristes avec 4 des 9 produits incontournables de la région et 55% des nuitées au Lac-Saint-Jean sont sur notre territoire. Nous accueillons aussi une plus forte proportion d’Européens qu’ailleurs. Il faut l’assumer qu’on soit fort touristiquement et surtout démontrer notre fierté d’être une région touristique comme Charlevoix le fait. »

Garder les touristes

Depuis des années, on souhaite que les touristes restent plus longtemps, sans vraiment réussir à le faire. Alexandre Danieli est persuadé que cette stratégie va permettre d’y arriver.

On veut donc passer de 276 868 visiteurs à 353 362 en 2023. Ces personnes devraient dépenser 269 $ en moyenne par jour, comparativement à 231$ en 2015. Ce qui ferait passer les dépenses directes des touristes de 64,3 M$ à 95,1 M$.

Selon Alexandre Danieli, ces cibles sont réalistes d’autant plus que le tourisme est en progression et que les différents attraits entrevoient investir 91 M$ dans le futur.

Meilleur leadership

Un meilleur leadership est nécessaire. C’est ainsi que la mobilisation de tous les acteurs du milieu a été sollicitée. Des comités de travail, regroupant des dirigeants de sites touristiques, des hôteliers, des restaurateurs, des épiciers et même des agriculteurs, ont été formés pour que cette stratégie fonctionne.

Ils étaient 140 à participer à la présentation de la Stratégie la semaine dernière et ont commencé à participer aux tables de travail.

Ils travailleront sur l’accueil, l’expérience du lac Saint-Jean (eau et hiver), l’expérience gourmande, l’expérience famille et le marketing et la communication.

Bien accueilli par l’industrie

L’industrie touristique voit d’un bon œil la stratégie déposée par la MRC du Domaine-du-Roy.

« Déjà, de se regrouper et de travailler ensemble pour faire avancer notre industrie et d’impliquer le plus de gens possible, c’est merveilleux. J’ai senti un réel désir de faire avancer les choses. Ça augure bien », a commenté la directrice générale du Zoo sauvage, Lauraine Gagnon.

Pour la directrice générale du Village historique de Val-Jalbert, Michèle Castonguay, il était grand temps de se mobiliser.

« Dans les autres MRC, ils s’organisaient, et nous, avec le plus d’attraits sur le territoire, on ne faisait rien, ça n’avait pas de sens. La stratégie n’est pas trop ambitieuse, nous avons tous ce qu’il faut pour développer davantage et c’est cette synergie et cette mobilisation qui va y contribuer. »

Le site croit tellement à la démarche que 5 employés et 2 membres du conseil d’administration siègent aux tables de travail.

Affaire de tous

Pour la présidente de la Chambre de commerce de Saint-Félicien et aussi directrice adjointe à l’Hôtel de la Boréalie, Claude Brodeur, c’est de voir des propriétaires d’épicerie présents aux tables de travail qui l’a réjouie.

« Ça démontre que le tourisme, c’est l’affaire de tout le monde. Il faut que nos commerces et que les employés soient des ambassadeurs et soient en mesure de répondre aux touristes et de se montrer accueillants », a-t-elle déclaré.

Une vision partagée par Lauraine Gagnon. « Si nous voulons devenir une destination touristique, il faut que tout le monde en soit conscient et soit fier d’accueillir des visiteurs. »

Image de marque pas facile à trouver

La stratégie semble ambitieuse et réaliste. Lauraine Gagnon et Michèle Castonguay estiment que c’est faisable. Par contre, c’est concernant l’image de marque qu’on souhaite donner au territoire que ça risque d’être plus compliqué.

« Il n’est pas évident de circonscrire ça à un territoire de MRC. Toutes les MRC offrent un accès au lac et veulent se mettre en valeur. Il faudra aussi bien s’arrimer avec l’ATR et ne pas empiéter sur le travail que font l’un et l’autre. »

Michèle Castonguay donne l’exemple de Saguenay : Une ville – Un fjord.

« Ça ne sera pas simple, mais il y a moyen de nous distinguer sans nous diviser comme l’a fait Saguenay. »

Au final, il s’agit d’une excellente nouvelle pour l’industrie, car la MRC envoie un message fort en investissant 1 M$ et surtout en ayant embauché une ressource spécialisée en tourisme, après de nombreuses années sans en avoir.

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