La progression fulgurante de TheWood et fils

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Par Louis Potvin
La progression fulgurante de TheWood et fils

L’entreprise TheWood et fils de Saint-Félicien a fait un pari audacieux en décidant de déménager sa machinerie en Ontario pour couper du bois pour trois scieries de Produits forestiers Résolu. Près de trois ans plus tard, la PME emploie 80 travailleurs et a investi 15 M$ dans l’achat d’équipements.

« On ne pensait pas que ça irait si vite que ça. Résolu nous a contacté pour couper 25 000 mètres cubes en février 2018. On a dit que tant qu’à y aller, on va le faire pour longtemps. On s’est vite aperçu qu’il y avait du travail pour nous et que nos méthodes de travail nous avantageaient », mentionne l’un des propriétaires, Kévin Dubois.

En effet, les entrepreneurs forestiers de l’Ontario ne travaillent pas de la même façon que ceux du Québec. Les équipements ne sont pas aussi performants. Rapidement, l’équipe d’une dizaine de travailleurs s’est retrouvée bloquée.

Il y avait une grande quantité de bois de coupée, mais pas l’équipement nécessaire pour le ramasser. De plus, il n’y avait pas vraiment d’entreprises avec la machinerie pour préparer les chemins forestiers.

« Nous avons donc discuté avec la compagnie et nous sommes devenus un contracteur général. On fait tout de A à Z, de la construction à l’entretien de chemins en passant par la récolte et en en assurant le transport du bois aux usines. »

Kevin, Jean-Pierre et Alexandre Dubois (absent sur la photo) ainsi que Benoît Renald ont le relevé le défi de transférer les opérations forestières de l’entreprise en Ontario et de prendre de l’expansion pour aujourd’hui employer 80 personnes. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

Investissements importants

L’entreprise n’a pas eu le choix de se procurer de la machinerie pour répondre à la demande. Au départ, elle disposait de trois bucheuses et de deux transporteurs. Ils en ont acheté d’autres, en plus de pelles mécaniques, de fardiers pour le transport du bois en longueur, de niveleuses, de sableuses, d’unités de service et de camions.

C’est un total de 30 d’équipements lourds et une quinzaine de camionnettes qui se retrouvent en Ontario.

« Malgré tous ces investissements, on aurait besoin d’autres camions. On cherche des brokers, mais c’est compliqué pour les entreprises de transport du Québec de travailler en Ontario en raison des assurances. »

Horaire 14-14

Comme l’entreprise propose un horaire de 14 jours de travail et 14 jours de congé avec des salaires plus concurrentiels à ce qui est offert au Québec, le recrutement de la main-d’œuvre n’est pas trop difficile.

« Ils ont une paye de 50 heures par semaine, qu’ils travaillent ou pas. Nous remplissons un avion de 36 passagers tous les 14 jours. La capacité de l’avion nous bloque aussi dans le développement », mentionne pour sa part Jean-Pierre Dubois.

Près de la moitié des employés de TheWood et fils provient de la région. Les autres sont de la Gaspésie, de la Côte-Nord, de la Mauricie et de Montréal.

L’entreprise dispose de quatre bucheuses pour récolter 450 000 mètres cubes par année. (Photo courtoisie)

Des retombées économiques importantes pour Saint-Félicien

Même si TheWood et fils est établi en Ontario, à 2 200 km de Saint-Félicien, l’entreprise réalise la très grande partie de ses achats dans la municipalité et les environs. Un apport économique considérable.

Les équipements, les pièces et autres produits sont achetés presque exclusivement à Saint-Félicien. (Photo courtoisie)

« Tous les équipements que nous avons et les pickups ont été achetés ici. Je dirais que 99% de ce que l’on achète pour l’entreprise se fait dans la région. On dépense très peu en Ontario », souligne l’un des propriétaires, Jean-Pierre Dubois.

Les quatre actionnaires, Kévin, Alexandre et Jean-Pierre Dubois et Benoit Renald, tiennent à ce que les retombées économiques demeurent dans la région.

De toute façon, ils se sont vite rendu compte qu’il était compliqué de s’approvisionner au nord de l’Ontario.

« Quand tu vois ce qu’ils ont en Ontario, tu te rends compte que tu es gâté ici. Que ce soit les ateliers mécaniques, de soudure ou pour les pièces, tu trouves tout ici. Surtout, tu as une expertise et quand tu as besoin de quelque chose sur mesure, tu sais que ça va être bien fait. En Ontario, tout est plus long et compliqué. »

250 000$ par mois

À titre d’exemple, l’entreprise achète en moyenne pour 250 000 $ en pièces et matériel par mois à Saint-Félicien et les environs.

« Les réparations majeures se font ici, même s’il faut transporter l’équipement. C’est la même chose pour l’entretien des pickups, c’est plus rapide à Saint-Félicien. »

C’est dans cette optique que TheWood et fils garde son siège social à Saint-Félicien, ainsi qu’un atelier mécanique. Il y a quelques personnes qui y travaillent.

Avantages

L’entreprise coupe environ 450 000 mères cubes de bois par année pour les scieries de Thunder Bay, d’Ignace et d’Atikokan. Au contraire du Québec, les opérations forestières se font douze mois par année avec une pause de deux semaines pour la période de vacances.

Elle est la seule du Québec à le faire pour la multinationale. Les autres entrepreneurs sont de l’Ontario.

Une flotte de camions de bois en longueur a dû être achetée pour être en mesure de livrer le bois aux usines. (Photo courtoisie)
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