Denis Taillon répond à Lucien Boivin

Rédaction

Mon cher ­Lucien

Je pense que tu n’as pas pris la pleine mesure des propos que tu as tenus et qui sont rapportés dans L’Étoile du ­Lac du 3 novembre dernier. Tu y mentionnes que la candidature de ­Richard ­Garneau est « d’un calibre trop élevé pour le municipal ». J’ai eu le plaisir de vivre une carrière de 43 ans dans le monde municipal et ton propos réducteur du monde municipal m’a piqué au vif.

J’ai tellement de projets en tête où la compétence des élus municipaux a été la clef de leurs succès. Pense à la panoplie de projets d’envergure qui se sont réalisés avec la compétence et le leadership du monde municipal. L’accroissement continu des responsabilités municipales implique de pouvoir compter sur des élus de plus en plus compétents.

La gestion de l’environnement, des problématiques sociales de plus en plus complexes, les changements climatiques, le recrutement et la rétention de la main d’œuvre, la gestion du patrimoine religieux et la participation citoyenne à la gestion publique sont autant de nouvelles dimensions qui font aujourd’hui partie des responsabilités des élus et qui requièrent des compétences élevées.

Le temps où la gestion municipale se résumait à la voirie, à l’aqueduc, aux égouts, et aux vidanges est loin dernière nous.
Si j’étais dans les souliers de ­Mme ­Brigitte ­Gagné avec les compétences qu’elle possède, je n’aimerais pas me faire dire que je suis d’un « calibre inférieur »
à ­Richard ­Garneau. Les candidats ou les candidates à la ­Mairie de ­Saguenay n’aimeraient surement pas que tu leur dises qu’ils ont fait le choix de se présenter au niveau municipal parce qu’ils sont d’un « calibre inférieur ».

L’engagement politique dans le monde municipal n’a rien à voir avec le « calibre » des personnes. Elles le font essentiellement pour mettre au service de leurs concitoyens et de leurs concitoyennes leurs talents et compétences. Elles le font aussi parce qu’elles ne visent pas une carrière politique.
Elles choisissent aussi le monde muni­cipal parce qu’elles ne sont pas astreintes à des lignes de partis et qu’elles disposent des marges de manœuvre dans le choix des solutions pour répondre aux préoccupations de leurs populations.

Pour ton information, je ne suis pas l’agent officiel de ­Richard ­Garneau, mais je pense qu’il possède un bagage et des compétences qui pourraient aider n’importe quel conseil municipal. Qu’il ait fait le choix de les offrir à la municipalité qui l’a vu naitre devrait nous réjouir. Bien d’autres de son « calibre » font le choix de revenir dans leurs milieux pour simplement visiter la famille.

En terminant, je dis à ceux et celles du « calibre » de M. Garneau, n’ayez pas peur de vous engager dans le milieu municipal. C’est un milieu passionnant où il est possible de réaliser plein de projets utiles à vos communautés. En terminant, mon cher ­Lucien, je mets cette déclaration sur le compte du stress inhérent à tes doubles fonctions.

Ça serait cependant chic et honorable de ta part d’avouer que tes mots ont dépassé ta pensée. Tu as allumé un feu dans ta communauté d’adoption et tu avais la possibilité de l’éteindre avant de partir, mais tu ne l’as pas fait.
Ce sera ton héritage…

Denis ­Taillon

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