Le Cégep de Saint-Félicien, c’est… devenir meilleur grâce aux cours de littérature

Chronique
Le Cégep de Saint-Félicien, c’est… devenir meilleur grâce aux cours de littérature
Toile de Trayko Popov, intitulée Waves et réalisée en 2019. (Photo : Courtoisie)

Plusieurs estiment que les livres et la lecture sont dépassés : s’ils sont remplacés par les séries télé, accessibles du bout des doigts sur un téléphone, à quoi bon offrir des cours de français et de littérature au cégep?

L’antidote?

Une des compétences visées par les cours de français et de littérature au collégial est de parfaire l’acquisition de la langue française, travail amorcé au primaire et au secondaire. Les correcteurs orthographiques informatisés font désormais tout le travail, me direz-vous. Si l’arrivée de cet outil a facilité la vie de plusieurs, ce n’est pas non plus une panacée : «    Antidote corrige avec efficacité les erreurs d’orthographe lexicale et grammaticale, mais réussit beaucoup moins bien avec celles de syntaxe, de ponctuation, de vocabulaire ou d’organisation textuelle. » (Caron-Bouchard et al, 2011) Enfin, la multiplication des écrans décuple la nécessité de savoir lire et écrire. Quel métier peut se targuer de n’avoir jamais à envoyer un courriel ?

L’écriture, miroir de soi

Or, rédiger habilement n’est pas si simple. Plus important encore, ce n’est pas si anodin. Pour Julien Carlier, président de Social Dynamite, les candidatures truffées de fautes prennent directement le chemin de la poubelle : « Je n’ai pas le temps. » Le marché de l’emploi bouge vite. Présenter la meilleure image de soi peut faire la différence entre une embauche et un refus. Les stéréotypes associés à une piètre maîtrise de la langue écrite ont la vie dure, puisqu’un dossier rempli d’erreurs laisse croire que le candidat manque de rigueur et n’a pas pris le temps de se relire. Chaque cours de français et de littérature amène l’étudiant à parfaire ses stratégies de révision de textes afin qu’il soit apte à se corriger.

La lecture : tendre vers l’autre

Au collégial, il importe tout autant de savoir bien écrire que de savoir bien lire. Plus qu’un divertissement, la lecture permet de mieux se connaître, d’améliorer ses relations avec autrui et de peaufiner sa compréhension du monde. Vous avez de la difficulté à voir comment une activité aussi solitaire que la lecture peut avoir de telles vertus? C’est pourtant le cas. La philosophe américaine Martha Nussbaum est d’avis que la première question que pose la littérature est la suivante : « Comment pouvons-nous vivre? Comment vit-on? ». La littérature ne parle pas d’autre chose que de la vie elle-même. La lecture comporte donc nécessairement un volet éthique capable de nous aider à répondre à ces questions, nous offrant ainsi les clefs d’une existence meilleure.

Par Sabrina Veillette Laprise, enseignante en littérature

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