Santé mentale : pour en finir avec les tabous?

Santé mentale : pour en finir avec les tabous?

Johanne Bouchard offrira trois conférences.

SANTÉ. De plus en plus, notre société valorise les saines habitudes de vie en misant sur le sport. Par contre, même si notre machine est bien huilée, cela ne signifie pas que nous sommes à l’abri en ce qui a trait à notre santé mentale.

« Il y a encore plusieurs tabous à briser au sujet de la santé mentale. On n’ose pas trop en parler. Cela a pour effet d’entretenir le malaise. De plus en plus de cas de dépression et d’épuisement sont recensés. Dans la grande majorité de ces cas, nous pouvons agir avant de toucher le fond du baril. Il faut simplement être alerte aux signaux que notre corps nous envoie, car il est toujours le premier à parler », souligne Johanne Bouchard, conseillère en promotion et prévention en santé psychologique.

Qu’est-ce qui fait qu’une personne se rend au bout du rouleau? Devant le fait accompli, il y a une prise de conscience importante à faire.

« On doit déterminer nos comportements qui nous ont amenés à cet état. On doit se demander qu’est-ce qu’on voulait prouver et à qui? Il y a des questions à se poser. Si les réponses ne viennent pas d’elle-même, il ne faut pas avoir peur d’aller consulter en psychothérapie et le minimum à faire est d’en parler à notre entourage », explique Mme Bouchard.

Les dernières statistiques révèlent que 42 % des gens à qui l’on donne un diagnostic en lien avec la dépression ne le diront pas à leur conjoint. De plus, 2 personnes sur 3 n’iront pas chercher une aide psychologique pouvant les aider à se prémunir d’outils afin de contrer la problématique.

Quoi faire?

Dans le cadre de la Semaine nationale de la santé mentale, l’équipe de Santé mentale Québec Lac-Saint-Jean a décidé de miser sur les 7 astuces afin de se recharger.

« Quand on demande aux gens ce qu’ils font pour avoir une bonne santé physique, ils répondent qu’ils mangent bien, qu’ils font du sport. Si on leur demande ce qu’ils font pour avoir une bonne santé mentale, il ne trouve pas la réponse. Nous sommes dans les responsabilités et dans la vitesse. Aujourd’hui, on vit dans l’urgence. Dans notre société, tout est important. On veut réussir dans tous les rôles que nous entretenons. On est toujours à la recherche du perfectionnement, toujours en état d’alerte », soutient Mme Bouchard.

Afin de réduire les risques de développer une problématique de santé mentale, il devient nécessaire de s’obliger à prendre du temps pour soi. À travers 7 étapes bien simples, soit s’accepter, agir, découvrir, ressentir, choisir, se ressourcer et créer des liens, il est possible de mettre en place des mécanismes afin de se protéger.

« Il faut à la base s’accorder du temps pour soi, à travers une activité qui nous valorise. C’est la première étape et la plus importante. Il faut revenir à la base et non demeurer dans le superficiel. Une fois qu’on développe nos outils, il nous est donc possible d’affronter la vie avec une nouvelle énergie », conclut Mme Bouchard.

TÉMOIGNAGE (collaboration de Johannie Doré)

Traverser la dépression, un pas à la fois

 À 42 ans, Julie n’est plus capable de se lever ni d’aller à ses cours à l’université. Le moral bas, la santé en chute libre, elle doit se rendre à l’évidence: la dépression la frappe de plein fouet.

Pour Julie, la réalité de souffrir d’une dépression a été difficile à avaler, alors qu’elle est elle-même intervenante sociale et qu’elle étudiait dans cette branche. Elle souhaite garder l’anonymat à cause de son travail.

«Quand mon médecin m’a dit qu’il pensait que j’étais en dépression, ça été un choc. Je ne m’attendais pas à ça. Je travaillais là-dedans, j’étudiais là-dedans, je me suis dit que ça ne pouvait pas m’arriver», explique-t-elle.

Pourtant, elle souffrait bel et bien de dépression. Elle pouvait dormir plus de 13 heures par jour et chaque petite tâche du quotidien était un combat.

Malgré tout, elle n’allait pas se laisser abattre pour autant. Avec un conjoint qui la soutenait pleinement, elle est allée chercher l’aide dont elle avait besoin, pour guérir et se permettre de vivre pleinement sa vie.

Encore beaucoup de tabous

Vivre une maladie mentale est déjà difficile en soi, mais se faire juger est encore pire. Pour Julie, le jugement est venu du milieu dans lequel elle travaillait, puisqu’une intervenante en dépression n’est pas bien vue.

Selon Julie, certains intervenants comprennent et acceptent de vivre la maladie mentale, alors que d’autres se croient immunisés. Elle estime que son expérience peut lui permettre de mieux comprendre ses patients, et de se rapprocher d’eux.

Pour elle, il ne fait pas de doute qu’il y a encore beaucoup d’apprentissage à faire dans la santé mentale. Elle espère que les citoyens seront davantage à l’écoute de leur corps, pour prévenir une future dépression.

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