Un Noël de la Côte d’Ivoire à Saint-Félicien

Un Noël de la Côte d’Ivoire à Saint-Félicien

Le riz gras est un met savoureux qui est concocté par nombreuses familles en Côte d’Ivoire.

IMMIGRATION. Geneviève Mboua s’est établie à Saint-Félicien, il y a trois ans. Elle a quitté la Côte d’Ivoire pour le Lac-Saint-Jean. Propriétaire d’une petite boutique ethnique qui a pignon sur rue au centre-ville, la sympathique dame n’a qu’un objectif : vouloir partager sa culture et échanger avec les gens. À l’approche du temps des Fêtes, Geneviève a accepté de partager ses traditions.

« Comme ici, en Côte d’Ivoire, Noël est une fête chrétienne. Par contre, c’est beaucoup plus festif là-bas. Il y a une effervescence. Les gens vont faire leurs achats ce qui cause des embouteillages et les rues des villes s’illuminent. En Côte d’Ivoire, la fête de Noël est organisée pour les enfants. Après tout, on célèbre la naissance d’un enfant. Donc, les parents achètent des cadeaux uniquement à leurs enfants », mentionne Mme Mboua.

Son premier Noël dans la région, Geneviève Mboua l’a trouvé plutôt tranquille.

« On regardait par la fenêtre et on se demandait où étaient les gens. On a compris qu’avec la température, ce n’est pas possible de festoyer à l’extérieur. En Côte d’Ivoire, le 24 décembre au soir, les gens sortent dans les rues. Il ne fait pas froid et il n’y a pas de neige. La fête se passe donc en plein air. Les gens se promènent. Il y a de la musique partout. Le premier Noël nous a semblé trop calme. Il y a la fête, mais on ne voit personne célébrer à l’extérieur », mentionne Mme Mboua.

Geneviève a été accueillie par une famille de Saint-Félicien afin de célébrer son premier Noël en sol québécois.

« La famille Leclerc nous a accueillis pour notre premier Noël à Saint-Félicien. Cette famille nous a offert notre premier contact avec la tradition québécoise. Malgré des similarités entre nos coutumes, il y a des différences », souligne Geneviève Mboua.

En Côte d’Ivoire, le Nouvel An est une fête beaucoup plus explosive. Les célébrations de la nouvelle année rejoignent toute la population, les jeunes comme les moins jeunes.

Famille élargie

« Nous n’avons pas besoin de connaître la personne pour lui souhaiter un joyeux Noël. Un voisin peut entrer chez nous afin de nous faire ses souhaits. Il peut s’assoir et partager avec nous la nourriture. On dit dans mon pays : ton voisin est ton premier parent. S’il y a quelque chose de grave qui t’arrive, la première personne qui peut intervenir, c’est ton voisin. On tisse donc des liens avec nos voisins qui deviennent des liens familiaux », mentionne Geneviève Mboua.

Au Nouvel An, les portes sont ouvertes afin d’accueillir les gens et leur faire leurs souhaits. C’est une célébration joyeuse, car on célèbre la vie et le fait d’être présent pour la nouvelle année.

« Nous ne sommes pas dans l’obligation de connaître les gens. Dans notre culture, dès qu’une personne rentre chez toi, il faut lui servir de l’eau à boire, lui demander l’objet de sa visite et lui proposer à manger. Et avant de quitter, il faut qu’il en fasse la demande. Cette particularité m’a fatiguée à mon arrivée au Québec. Je demandais pour quitter et personne ne me répondait. Un jour, on m’a dit qu’ici, quand on souhaite partir, on se lève et on quitte. C’est perçu comme une impolitesse de partir ainsi dans mon pays d’origine », explique Geneviève.

À table

Riz, ragoût, accompagnements, etc. La table est bien garnie lors des Noëls ivoiriens dans l’optique que chacun des invités puisse trouver un met à son goût.

« Ici, la tourtière est le repas principal. Souvent, il n’y a que ça à manger. Nous avons également des plats favoris qui se retrouvent sur la grande majorité des tables, comme le riz gras. C’est un riz avec de la viande et des légumes. On le cuisine, car c’est un plat que les enfants aiment », explique Mme Mboua.

Parmi les autres mets cuisinés, il y a le foutou, un type de pain fait à base de manioc et de bananes plantains. Cette recette s’accompagne habituellement d’une sauce. La sauce aux pistaches est l’accompagnement de choix. On retrouve également plusieurs repas à base de poulet et de poisson.

« On cuisine avec des aliments frais. On achète le poulet vivant et non surgelé comme ici. On porte une grande attention à la fraîcheur des produits qu’on consomme. Comme on cuisine le poisson sur une base quotidienne, on profite de la période des Fêtes pour le poulet ou l’agneau », mentionne Geneviève Mboua.

Geneviève a conservé sa tradition culinaire, mais elle a tout de même décidé d’apprendre à faire la tourtière du Lac-Saint-Jean. Malgré qu’elle maîtrise la recette, ses enfants n’en raffolent pas.

« J’aime cuisiner, alors je voulais apprendre. Quand c’est bien fait, c’est très bon. C’est un peu long à faire, mais ce n’est pas compliqué.

Alors que le sucre à la crème, le fudge et les gâteaux moka garnissent nos tables à la fin des repas, les desserts sont peut apprêtés en Côte d’Ivoire.

« On ne mange pas autant sucré qu’ici. On ne cuisine pas de desserts durant les Fêtes. On préfère servir des fruits frais. C’est un peu comme les entrées. Il n’y a pas d’entrées typiques de l’Afrique. On fait des accompagnements durant les Fêtes, mais 80 % des gens n’en font pas », souligne-t-elle.

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