Un projet qui ne manque pas de style

Un projet qui ne manque pas de style

Stéphanie Côté aime bien travailler à « La Cité du vêtement ».

ÉDUCATION. Les écoles renferment parfois des projets surprenants. C’est le cas de la Cité étudiante de Roberval qui a instauré un plateau de travail afin de permettre à des étudiants suivant le programme de formation à l’emploi de développer des compétences, mais également afin qu’ils se valorisent dans l’optique de trouver la place qui leur revient une fois à l’extérieur des murs de l’école.

Il y a trois ans, le directeur, Sylvain Bouchard, a proposé de faire l’installation d’une buanderie et de réaménager une section de l’établissement scolaire afin d’accueillir une laveuse et une sécheuse industrielles.

« L’idée a peut-être semblé farfelue au départ. C’est un investissement de près de 25 000$. Par contre, il y a des retombées perceptibles auprès de notre clientèle. C’est un autre type d’enseignement beaucoup plus concret et adapté aux besoins des jeunes de la formation à l’emploi », mentionne le directeur.

Cette buanderie, elle fonctionne uniquement à l’interne. Les jeunes en formation sont responsables de laver les vêtements des équipes sportives, les guenilles, les tabliers de la brigade culinaire et même, les combinaisons de travail du Centre de formation professionnelle.

« Notre objectif n’est pas de créer une entreprise, mais plutôt de donner un outil à nos élèves afin qu’ils persévèrent et allument une petite étincelle. Ce n’est pas facile l’école quand on parle uniquement de réussite et de performance. Certains ne réussissent pas à trouver leur place et c’est là que ça peut devenir démoralisant. Le plateau de travail peut leur permettre de se définir comme une personne avec du potentiel apte pour le marché du travail », souligne Gilles Guénard, enseignant.

Une friperie

Autour de cette buanderie, certains projets se sont déclinés, telle l’ouverture d’une friperie.

« Au début, nous avons récupéré tous les vêtements oubliés qui n’avaient jamais été réclamés. Casquettes, chandails, vêtements de sport, etc. Avec la buanderie, nous pouvons laver tous les vêtements que nous recevons avant de les mettre sur les tablettes. On fait également un tri afin de s’assurer que les vêtements sont en bon état et au goût des jeunes. S’il est en état, mais qu’il ne correspond pas à nos jeunes, on le donne au comptoir vestimentaire », mentionne M. Guénard.

Ce ne sont pas tous les élèves qui affectionnent le plateau de travail. Parmi les gens qui ont eu un coup de cœur pour cet environnement de travail, il y a Stéphanie Côté.

« J’aime beaucoup la friperie. Ça me plait de laver, classer et trier les vêtements. Habituellement, nous ouvrons la friperie à la récréation le mardi dans l’avant-midi afin que les élèves puissent venir acheter les vêtements. Actuellement, on a beaucoup de vêtements et pas beaucoup d’espace. Alors, nous avons un local pour les filles et un autre local pour les garçons », souligne-t-elle.

Pour Stéphanie, une jeune fille réservée, la friperie lui a permis de développer son autonomie et son sens des responsabilités. Elle prend également des initiatives et apporte des idées.

Il faut voir plus loin que le développement des compétences en lien avec le champ d’action. C’est également un milieu de vie qui permet aux jeunes d’apprendre à communiquer, à se responsabiliser et à faire preuve de respect envers les autres, mais également envers le matériel.

« Ils sont ici pour apprendre. On doit oublier les mathématiques et les sciences. On doit leur donner ce dont ils ont définitivement besoin afin de travailler. Ils doivent apprendre à se connaitre. Ils doivent également découvrir leurs forces. La journée qu’ils vont se découvrir des aptitudes, ils vont être en mesure de s’accomplir », souligne M. Guénard.