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Appel à un moratoire sur le développement éolien au Québec

Émile Boudreau
Le 27 mars 2026 — Modifié à 10 h 59 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Une coalition formée d’agriculteurs, d’élus municipaux, de travailleurs d’Hydro-Québec et de 25 comités citoyens provenant de toutes les régions du Québec presse la société d’État de suspendre son appel d’offres éolien prévu au début du mois d’avril. Les groupes réclament l’ouverture d’une « véritable discussion» sur le développement de la filière éolienne au Québec.

Parmi les organisations, figurent l’Union des producteurs agricoles (UPA), le Syndicat canadien de la fonction publique – Québec (SCFPQuébec), Vent d’élus et le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ). Tous dénoncent l’ampleur de l’appel d’offres 2026 d’HydroQuébec, qui vise l’ajout de 5 000 mégawatts (MW) de nouvelle capacité éolienne. À terme, la société d’État prévoit intégrer 10 000 MW supplémentaires d’ici 2035 afin de répondre à la croissance anticipée de la demande énergétique.

Selon l’UPA, une telle capacité représenterait l’implantation de plusieurs centaines d’éoliennes, presque entièrement situées en zones agricoles productives. L’organisation souligne que cela aurait un impact important pour ces zones qui représentent seulement 2% du territoire québécois.

« La pression sur le territoire agricole est importante et constante. Depuis 10 ans, plus de 17 000 hectares agricoles ont été sacrifiés à l'étalement urbain, aux spéculateurs financiers et immobiliers, aux projets industriels et à la construction d'infrastructures. Toutes les composantes du gouvernement québécois, incluant Hydro-Québec, doivent à tout prix éviter d'aggraver cette problématique. », a déclaré le président général de l'UPA, Martin Caron.

Lors de son plus récent congrès général, l’UPA a d’ailleurs adopté une résolution demandant au gouvernement du Québec de mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) afin de réaliser une analyse générique de la filière éolienne. L’Union réclame également que toute nouvelle installation soit strictement évitée en zone agricole dynamique et dans les érablières.

Le développement privé contesté

Le regroupement estime également inconcevable qu’HydroQuébec poursuive son expansion éolienne en confiant la production d’énergie à des promoteurs privés, une orientation jugée incompatible avec la mission historique de la société d’État de mettre les profits générés par la production énergétique au service de la société québécoise.

« Le gouvernement et HydroQuébec font preuve de négligence en confiant au privé l'évaluation des impacts sociaux et environnementaux, laissant la recherche de profit primer sur les risques. », a soutenu Janie VachonRobillard, coordonnatrice responsable du dossier éolien au RVÉQ.

Selon elle, les nouvelles connaissances concernant les impacts des éoliennes sur la santé et les écosystèmes exigent une révision des normes et le consentement des communautés par référendum afin de garantir l'acceptabilité sociale des projets. 

De son côté, Vent d’élus affirme que le développement de la filière s’est fait jusqu’à maintenant sans le consentement des populations rurales concernées. Sa présidente, Rachel Fahlman, déplore aussi une accélération des projets.

« La filière se développe à vitesse grand V avant même d'en avoir évalué les conséquences à l'échelle de la province. C'est pourquoi le BAPE générique est désormais essentiel. Il faut mettre un terme au saccage de notre patrimoine rural et de nos valeurs démocratiques. », a‑t‑elle affirmé.

Les organisations demandent ainsi l’imposition d’un moratoire sur tout nouveau développement éolien tant que le gouvernement n’aura pas mandaté le BAPE pour réaliser une analyse générique de la filière.

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