Alors que les tentatives de fraude se multiplient au Canada, un récent sondage de la Banque TD met en lumière un paradoxe préoccupant : les Canadiens se disent largement capables de reconnaître les arnaques, mais plusieurs continuent d’adopter des comportements qui les exposent aux fraudeurs.
Selon l’enquête, 89 % des répondants affirment être en mesure d’identifier une tentative de fraude. Malgré cette confiance, plus de la moitié des Canadiens (52 %) reconnaissent adopter des pratiques risquées, comme accéder à leurs comptes personnels ou financiers à partir d’un réseau Wi‑Fi public, ouvrir des pièces jointes provenant d’expéditeurs inconnus, cliquer sur des liens reçus par courriel ou message texte sans vérifier leur provenance ou encore télécharger des applications à partir de sites inconnus.
« Lorsqu'il est question de prévention de la fraude, la confiance peut être une arme à double tranchant. Le fait que les Canadiens se sentent conscientisés est encourageant, mais un excès de confiance peut les amener à prendre des décisions hâtives ou à négliger des signes qui trahissent les arnaqueurs. Les acteurs malveillants comptent justement sur le fait que les gens agissent vite ou supposent qu'il n'y a pas de risque. », explique Tarundeep Dhot, vice-président en Gestion des fraudes à la banque TD.
Le phénomène est loin d’être marginal. Selon le sondage, 46 % des Canadiens sont confrontés à des arnaques ou à des tentatives de fraude sur une base hebdomadaire, voire quotidienne. Par ailleurs, près du quart des répondants (24 %) indiquent qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille a été victime de fraude au cours de la dernière année.
Malgré cette réalité, une importante proportion de la population demeure peu engagée dans la recherche d’information sur le sujet. En effet, 41 % des personnes interrogées disent ne jamais consulter de ressources ou chercher à s’informer davantage sur les moyens de prévenir la fraude.
Les entrepreneurs plus vigilants
Les entrepreneurs canadiens présentent eux aussi un écart entre leur niveau de confiance et leur exposition aux risques. Près de la moitié d’entre eux (46 %) rapportent que leur entreprise a été ciblée par une tentative de fraude ou une arnaque financière au cours de la dernière année. Néanmoins, 88 % se disent confiants dans leur capacité à reconnaître les fraudes visant leur organisation.
Cette confiance semble également s’appuyer sur des mesures concrètes. Ainsi, 81 % des entrepreneurs affirment examiner régulièrement leurs comptes afin de repérer toute activité suspecte, tandis que 76 % indiquent avoir mis en place des mécanismes de protection contre la fraude. De plus, trois entrepreneurs sur quatre (75 %) estiment que leurs employés sont capables de détecter et de signaler les tentatives d’arnaque.
La génération Z mieux informée, mais plus vulnérable
Les membres de la génération Z se distinguent par leur niveau de sensibilisation aux risques de fraude. Selon le sondage, 89 % d’entre eux affirment savoir reconnaître une tentative de fraude et plus de la moitié (52 %) ont déjà aidé un proche à gérer une situation liée à une arnaque.
Toutefois, cette génération affiche aussi la plus forte proportion de comportements à risque. En effet, 65 % des jeunes Canadiens admettent adopter des habitudes susceptibles de les rendre plus vulnérables à la fraude, un taux supérieur à celui observé dans l’ensemble de la population canadienne (52 %).
« Les jeunes Canadiens sont souvent perçus comme les experts en technologie, et plusieurs d'entre eux aident leurs proches à mieux comprendre les risques de fraude. Mais la littératie numérique seule ne suffit pas. Pour se protéger, il faut rester vigilant, en parler et prendre le temps de s'arrêter pour faire des vérifications, même si le contenu semble familier. », ajoute Tarundeep Dhot.