45 projets miniers actuellement en développement au Québec pourraient engendrer des retombées économiques considérables au cours des prochaines décennies, selon une étude réalisée par EcoTec Consultants pour l'Association minière du Québec (AMQ).
L'analyse estime que ces projets pourraient représenter jusqu'à 577 milliards de dollars de dépenses effectuées au Québec par les sociétés minières sur l'ensemble du cycle de vie des projets, incluant les investissements initiaux et le chiffre d'affaires. Ce montant correspond à environ 95 % des 609,3 milliards de dollars de dépenses estimées à l'échelle canadienne.
L'étude évalue également à 471,4 milliards de dollars la contribution potentielle de ces projets au produit intérieur brut (PIB) québécois. Les revenus fiscaux et parafiscaux pour le gouvernement du Québec pourraient quant à eux atteindre 100,3 milliards de dollars.
« Cette étude permet avant tout de mesurer l'importance du potentiel économique de projets miniers actuellement à l'étude au Québec. Sans présumer que l'ensemble de ces projets se réaliseront, elle montre que ceux qui verront le jour généreront des retombées bien au-delà des sites miniers eux-mêmes. », souligne Emmanuelle Toussaint, présidente-directrice générale de l'Association minière du Québec.
Selon l'organisation, les retombées économiques ne se limiteraient pas aux régions directement liées à l'exploitation minière. L'Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et Montréal figurent parmi les régions qui pourraient enregistrer les bénéfices les plus importants au cours des prochaines décennies.
« Derrière ces chiffres, il y a des entreprises qui investissent, des travailleurs qui bâtissent leur vie en région, des jeunes qui peuvent y envisager leur avenir et des centaines de PME québécoises qui fournissent des biens et des services spécialisés. C'est tout un écosystème économique, réparti dans plusieurs régions du Québec, qui bénéficie des projets miniers », ajoute Emmanuelle Toussaint.
Des minéraux critiques et stratégiques
L'étude met aussi en évidence la place grandissante qu'occupent les minéraux critiques et stratégiques dans le développement du secteur minier québécois. Bien que l'or et le fer demeurent actuellement les principaux minéraux produits dans la province, plusieurs projets en développement visent désormais des ressources jugées essentielles pour la transition énergétique et les nouvelles technologies.
Parmi les 45 projets analysés, 27 produiraient principalement des minéraux critiques et stratégiques tels que le cuivre, le fer de haute pureté, le graphite, le lithium, le nickel, le niobium, le phosphate, le scandium, le titane, le zinc ainsi que des éléments des terres rares. Ces projets représentent plus de 70 % des investissements potentiels recensés dans l'étude.
« Le Québec dispose d'un portefeuille important de projets miniers avancés. Cette étude permet d'en mesurer le potentiel économique. La concrétisation de ce potentiel dépendra évidemment de nombreux facteurs, notamment une meilleure efficacité administrative et réglementaire, l'accès à l'énergie et aux infrastructures, la disponibilité de la main-d'œuvre, un meilleur partage des redevances minières, de même que les conditions de marché, la progression des projets à travers les différentes étapes de développement et l'acceptabilité sociale », conclu Mme Toussaint.