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Jusqu’à 70 heures consécutives à entendre les locomotives

Le 26 mars 2022 — Modifié à 09 h 05 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Des citoyens n’en peuvent plus et ont de la difficulté à dormir tellement le bruit des moteurs des locomotives stationnées est insoutenable. Des parents empêchent même leurs enfants de jouer dehors afin d’éviter l’inhalation des vapeurs de diesel émanant des moteurs qui tournent jour et nuit près de leurs résidences.

Fabrice Boutin, un résident de la rue Dion dans le quartier Sourceia, fait partie des gens qui en ont assez. Depuis plus d’un an, les nouvelles habitudes du CN leur rendent la vie difficile. Parfois, ils doivent même dormir dans le sous-sol pour trouver la quiétude.

« Au début, ça arrivait environ une fois aux deux semaines. Les locomotives stationnées près de chez nous demeuraient sur place entre 8 à 20 heures. Dernièrement, la cadence a augmenté. La semaine dernière, quatre locomotives sont restées sur place pendant 70 heures », déplore-t-il.

Il a même tournée une vidéo qu’il a diffusée sur Facebook pour démontrer le bruit assourdissant généré par les locomotives.

Dans ce contexte, difficile de dormir avec un tel bruit. Et c’est sans compter la quiétude du quartier qui est perturbée pendant le jour.

« On doit dormir dans le sous-sol. Le sommeil léger fait en sorte qu’on est fatigué le lendemain matin et ça devient difficile de travailler », ajoute-t-il.

Le citoyen a téléphoné une dizaine de fois au CN pour se plaindre, mais rien n’a bougé.

« Ils nous demandent de quelles locomotives il s’agit. Nous n’avons jamais de rappel de leur part. On dirait qu’ils s’en foutent et le problème n’est jamais réglé. Malheureusement, ces gens n’ont vraiment pas une écoute citoyenne. »

Réactions du CN

La réponse du CN concernant cette problématique n’a rien de réconfortant pour les citoyens dérangés.

« Concernant le bruit lié aux locomotives stationnées, dans le cadre de nos opérations, il peut arriver que l’on doive laisser tourner les locomotives au ralenti en raison des exigences de fonctionnement, comme les conditions météo, le maintien de la pression des freins à air et le système de démarrage », justifie Mathieu Gaudreault, conseiller principal aux relations avec les médias au CN.

« Plus précisément, les locomotives doivent être laissées en marche dans un temps plus frais afin d’éviter des dommages dus au gel. Concernant la situation à Saint-Félicien, nos équipes font tout en leur pouvoir afin d’éviter de laisser des locomotives dans le secteur, mais des contraintes opérationnelles nous forcent cependant à le faire dans de rares occasions. »

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