Le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Yanick Baillargeon, critique vivement le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), qu’il accuse de reléguer les régions et les municipalités au second plan. Selon lui, la récente entente entre Québec et Ottawa, prévoyant un transfert d’environ 10 milliards de dollars sur dix ans, illustre une fois de plus ce déséquilibre, rapporte Radio-Canada.
Cette entente fédérale-provinciale vise notamment à financer le transport collectif, les infrastructures, l’enseignement supérieur et le réseau de la santé. Toutefois, M. Baillargeon déplore que les régions n’aient pas reçu leur « part du gâteau », une situation qu’il juge préoccupante dans un contexte où les besoins en infrastructures demeurent criants à l’extérieur des grands centres.
Le préfet affirme que le gouvernement provincial continue de privilégier des villes comme Québec et Montréal, où se concentrerait plus de 60 % de l’enveloppe annoncée, tandis que les plus petites municipalités ont toujours de la misère à aller chercher du financement.
En effet, une part importante des fonds sera consacrée aux projets de transport collectif, notamment le tramway de Québec et le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal. À lui seul, le tramway de Québec devrait recevoir 2,75 milliards de dollars. Pour M. Baillargeon, cette orientation soulève des questions, notamment dans un contexte où le déficit de maintien des actifs au Québec atteint environ 40 milliards de dollars.
Peu de gains en 8 ans
Malgré ses critiques, le préfet reconnaît certaines avancées. Il salue notamment l’annonce faite la semaine dernière par le gouvernement du Québec, qui prévoit un investissement de plus de 800 millions de dollars pour la construction d’un nouveau bloc opératoire à l’hôpital de Chicoutimi. Une initiative qu’il qualifie toutefois d’électoraliste.
Cependant, M. Baillargeon demeure sceptique quant à l’impact de cette annonce sur les défis régionaux. Il souligne que d’autres établissements de santé, comme l’hôpital de Roberval, font face à une pénurie persistante de personnel, notamment d’infirmières, une réalité également observée à Dolbeau-Mistassini.
Le préfet ajoute que, malgré la présence de cinq députés caquistes dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean jusqu’à récemment, les gains concrets pour la région furent limités au cours des huit dernières années. Plus largement, Yanick Baillargeon estime qu’aucune formation politique au Québec ne se démarque véritablement dans la défense des intérêts régionaux.