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Derniers regards sur un lieu de rassemblement intergénérationnel

Le Centre des loisirs de La Doré tire sa révérence

Le 06 juin 2026 — Modifié à 15 h 18 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Pendant des décennies, le Centre des loisirs de La Doré a rythmé la vie collective du village, servant de décor à des soirées dansantes, rencontres familiales, activités sportives, célébrations et retrouvailles. Avec sa démolition, un pan de mémoire locale s’efface peu à peu, laissant derrière lui une foule de souvenirs liés à la jeunesse, à l’engagement communautaire et aux rencontres marquantes.

Longtemps au cœur de la vie sociale de La Doré, le Centre des loisirs a accueilli génération après génération dans un même espace voué aux rassemblements, aux festivités et aux activités communautaires.

Tantôt théâtre de soirées populaires, de fêtes familiales, de rencontres sportives ou de réceptions, le bâtiment occupait une place familière dans le quotidien doréen. Sa vaste salle, capable de recevoir plusieurs centaines de personnes, a vu défiler mariages, anniversaires, assemblées, activités de financement et célébrations qui, avec le temps, ont façonné une mémoire collective empreinte de souvenirs et de nostalgies.

Un maire chargé de souvenirs

Parmi ceux qui gardent un lien profondément ancré avec l’endroit figure l’actuel maire de La Doré, Jacques Dubois, dont les souvenirs remontent aux premiers jours du bâtiment. À seulement 13 ans, il participait déjà à sa construction aux côtés de l’un de ses oncles, qui détenait alors une partie du contrat.

« J’ai travaillé avec mon oncle Donat, qui avait obtenu une partie du contrat pour construire la première partie du Centre », raconte-t-il.

Quelques années plus tard, ce même bâtiment deviendra le théâtre d’un moment marquant de sa vie personnelle : il y célébrera son mariage avec son épouse, comme tant d’autres familles de La Doré venues y souligner des étapes importantes de leur parcours.

Première salle inaugurée en 1973

Rencontré le lundi 1er juin dernier, au cœur même du chantier de démolition, le maire rappelle que le Centre des loisirs s’est développé en deux phases distinctes.

« Selon les archives que j’ai consultées, la première phase des travaux a été réalisée en 1973. À l’époque, elle servait surtout de salle de danse et de rassemblement.

Avant cela, lorsque les gens voulaient organiser une soirée sociale, ça se faisait dans la salle de l’école Maria-Goretti », explique Jacques Dubois.

À ses débuts, la salle se révélait toutefois trop exiguë pour accueillir de grands rassemblements, notamment les noces. Un agrandissement viendra donc, quelques années plus tard, plus que doubler sa superficie et transformer le lieu en un espace de rencontre majeur pour le secteur.

« Ce fut, à l’époque, la seule salle de cette grandeur dans le haut du Lac-Saint-Jean. Des gens de Saint-Félicien et de Saint-Prime la louaient occasionnellement, puisque ces municipalités ne disposaient pas d’une salle semblable », souligne le maire.

Au fil des décennies, le bâtiment accueillera également diverses organisations et activités communautaires. Une partie des locaux servira notamment aux Chevaliers de Colomb, à la Maison des jeunes ainsi qu’au Festival des Camionneurs, témoignant de son rôle central dans la vie sociale et associative du village.

Entre réjouissances et deuil collectif

Le Centre des loisirs n’a toutefois pas uniquement porté les souvenirs heureux. À une occasion, le bâtiment prendra une dimension beaucoup plus solennelle, devenant un lieu de recueillement à la suite d’un drame qui marquera profondément la mémoire collective doréenne.

À la fin des années 1980, un accident tragique survenu dans la courbe du rang Double Nord, à Saint-Félicien, coûtera la vie à trois jeunes de La Doré qui prenaient place dans un minibus scolaire. Tous originaires du village, ils seront exposés ensemble au Centre des loisirs, transformé exceptionnellement en salon funéraire.

« Puisqu’ils venaient tous les trois de La Doré, les parents avaient décidé de les exposer ensemble. Le Centre des loisirs de La Doré a servi à célébrer la joie, mais aussi à traverser la peine », conclut Jacques Dubois.

Pendant plus de cinquante ans, le bâtiment aura ainsi accompagné les habitants dans les moments de fête comme dans les heures plus sombres, laissant derrière lui une mémoire faite de musique, de rassemblements, de rires et de silences partagés.

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