Le départ à la retraite de Michel Lavoie, prévu le 31 janvier 2027, ouvre progressivement un nouveau chapitre dans l’histoire de Meubles Gilles Tremblay. Avec l’arrivée de son petit-fils, Malik Lapierre au sein de l’entreprise durant la période estivale, le commerce familial peut désormais compter sur une quatrième génération appelée à contribuer, un jour, à sa continuité. L’entreprise de Saint-Félicien célébrera d’ailleurs son 60e anniversaire en 2027.
Pendant tout l’été, Malik Lapierre travaille aux côtés de son grand-père afin de découvrir les différentes facettes du métier. Cette première expérience lui permet de se familiariser avec les opérations quotidiennes du commerce fondé par Gilles Tremblay, aujourd’hui âgé de 89 ans, qui demeure une figure marquante du commerce de détail dans la région.
Pour Michel Lavoie, coactionnaire de Meubles Gilles Tremblay, cette présence représente beaucoup plus qu’un simple emploi d’été. Il y voit la possibilité de transmettre des connaissances acquises au fil de plusieurs décennies, tout en observant l’intérêt grandissant de son petit-fils envers l’entreprise. Parallèlement, sa fille Stéphanie ainsi que ses deux fils, Simon et Jean-Philip, poursuivent les démarches visant à préparer la relève et à assurer la pérennité de cette entreprise familiale bien implantée à Saint-Félicien.
Stéphanie Lavoie rappelle toutefois que son fils devra d’abord poursuivre son parcours scolaire avant d’occuper éventuellement des fonctions de gestion.
« Même s’il mesure 6 pieds 3 pouces, il n’a que 16 ans et il reste encore plusieurs étapes à franchir. Il aimerait poursuivre des études en comptabilité et en gestion d’entreprise. Nous souhaitons qu’il obtienne une formation solide et, par la suite, nous verrons comment son implication pourra évoluer », explique-t-elle.
Avant tout un magasin familial
Au-delà de la vente de meubles et d’électroménagers, la famille souhaite préserver une philosophie d’entreprise qui guide le commerce depuis ses débuts.
« Chez Meubles Gilles Tremblay, nous avons toujours cru qu’un magasin familial, c’est bien plus qu’un commerce. C’est un endroit où chaque client reçoit un accueil comme un membre de la famille, où les relations se bâtissent sur la confiance, l’écoute et le service », a publié Stéphanie Lavoie sur les réseaux sociaux.
Bientôt 60 ans
Fondée le 10 juillet 1967, l’entreprise franchira le cap des 60 années d’existence l’an prochain. À ses débuts, le commerce occupait le local qui accueille aujourd’hui l’entreprise Chez Sophie Fleuriste, sur la rue Notre-Dame de Saint-Félicien.
Avant de lancer sa propre entreprise, Gilles Tremblay cumulait une dizaine d’années d’expérience chez René Boudreault Meubles.
« Ça faisait dix années que je travaillais dans le domaine du meuble pour René Boudreault Meubles à Saint-Félicien. Un matin, j’ai décidé de me lancer à mon compte en me disant que je pourrais travailler pour moi. Au début, ça n’a pas été facile. Ma conjointe se montrait un peu réticente, mais finalement tout s’est bien déroulé », raconte le fondateur.
Le projet n’a toutefois pas démarré sans obstacle. Une première institution financière a refusé de soutenir son initiative. La Banque Royale a finalement accepté de financer le démarrage de l’entreprise, malgré un marché déjà bien occupé. À cette époque, Saint-Félicien comptait déjà quatre détaillants de meubles, auxquels s’ajoutait un commerce à La Doré.
Malgré cette concurrence, la clientèle a rapidement répondu à l’appel.
« Le départ fut merveilleux. Six mois après l’ouverture, j’avais presque une année complète de ventes réalisées. Certains vendredis soirs, je pouvais vendre jusqu’à trois ménages complets dans la même soirée. Il m’arrivait même de fermer le magasin à minuit », se souvient Gilles Tremblay.
Une période d’adaptation
Les habitudes de consommation ont toutefois beaucoup évolué au fil des décennies. L’arrivée de grandes chaînes au Saguenay, accompagnées de nouvelles stratégies de commercialisation, a modifié les pratiques dans l’ensemble du secteur du meuble.
Michel Lavoie rappelle que les promotions axées sur le financement différé ont rapidement changé les attentes d’une partie de la clientèle.
« Quand d’autres détaillants proposaient de payer dans un an, certains clients trouvaient cette formule intéressante. Lorsqu’ils nous posaient la question, nous leur expliquions qu’il valait souvent mieux payer comptant. Il faut comprendre que l’option de reporter le paiement pendant 12 mois se retrouvait ultimement financée par les consommateurs », souligne-t-il.
Cette nouvelle réalité a obligé plusieurs commerçants indépendants à revoir leur façon de présenter leurs prix.
« À partir de ce moment, il a fallu afficher clairement le prix régulier ainsi que le prix associé à une option de financement permettant d’étaler les paiements sur une certaine période. Cette adaptation faisait désormais partie des nouvelles réalités du marché », conclut Michel Lavoie.
À l’aube de son 60e anniversaire, Meubles Gilles Tremblay poursuit ainsi son évolution tout en conservant le caractère familial qui a marqué son développement depuis 1967. L’arrivée graduelle d’une quatrième génération laisse entrevoir une continuité fondée sur la transmission des connaissances, des valeurs et du service personnalisé qui caractérisent l’entreprise depuis près de six décennies.