À Saint-Félicien, le petit kiosque de fleurs coupées aménagé dans la Friche attire le regard des passants. Et l’arrêt en vaut assurément la peine. Derrière ce projet se trouve Kezia Wood, une passionnée qui cultive ses fleurs avec soin sur son terrain avant de les assembler en bouquets uniques.
Kezia Wood est une femme discrète, mais ô combien dévouée à sa ferme florale, Fleurs de la Friche. Depuis cinq ans, elle trace son propre chemin dans un secteur en pleine effervescence au Québec.
« J’ai commencé par une petite folie. J’aimais ça les fleurs. J’en ai planté sur mon terrain. La première année, j’ai commencé avec des petits bouquets. Ils sont tous partis », raconte-t-elle, le sourire aux lèvres.
L’année suivante, elle a aménagé son kiosque libre-service et s’est investie plus sérieusement dans la culture des fleurs. Elle a élargi la gamme de variété produites tout en approfondissant ses connaissances sur les particularités du climat local.
« Je m’amusais et je voyais qu’il y avait de l’intérêt. Je ne suis pas fleuriste. J’ai appris sur le tas. Je m’améliore au fil du temps. Mes premiers bouquets et ceux de cette année ne sont pas pareil. »
Par amour des fleurs
Beaucoup de travail se cache derrière un bouquet de fleurs coupées locales. Tout commence en hiver, lorsque Kezia sème près de 15 000 graines dans son garage. Lorsque les conditions le permettent, elle transplante ensuite les jeunes pousses à l’extérieur, où elles poursuivent leur croissance jusqu’à la floraison.
Une fois les fleurs prêtes, elle part les récolter, seau à la main. « Je dois sortir tôt le matin. S’il fait trop chaud ou s’il pleut, les fleurs vont se faner plus vite », dit-elle.
Les fleurs reposent ensuite entre quatre et douze heures dans des contenants séparés.
La dernière étape? La confection des bouquets. « Ils sont tous différents. Je n’ai pas de recette. J’y vais à l’œil. J’arrête quand je n’ai plus d’idée. »
Ce que la productrice apprécie par-dessus tout, ce sont les réactions de ses clients.
« Je n’ai vu personne de malheureux ici. Tout le monde est content. Ils donnent des cadeaux pour apporter du bonheur. Les fleurs apportent des émotions. »
Les variétés qui composent les bouquets changent au rythme des saisons. D’ici quelques semaines, de magnifiques tournesols viendront notamment agrémenter les arrangements.
« Je plante environ 3000 tournesols par été. J’en ai de plusieurs couleurs pendant tout le mois d’août. »
Le tournesol est d’ailleurs la fleur emblématique de l’édition 2026 de la Journée des fleurs coupées du Québec qui aura lieu le 1er août.
De beaux projets se profilent également à l’horizon pour Kezia. Cet été, elle fournira des fleurs pour six mariages. Une serre est aussi en construction sur sa propriété.
Quant à la suite, elle préfère se laisser guider par les occasions qui se présentent. « Je me laisse porter par la vague », résume-t-elle.
Jusqu’à maintenant, cette approche lui réussit plutôt bien.
Avantages de la fleur coupée
Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, les fermes florales demeurent relativement rares. Dominic Maltais, vice-président de l’Association des producteurs de fleurs coupées du Québec et propriétaire des Fleurs Maltais à Chicoutimi, cultive près de 200 variétés de fleurs. Cette année marque sa 20e saison dans le domaine.
À ses yeux, les fleurs locales se distinguent notamment par leur fraîcheur et leur qualité.
« Selon la variété, les fleurs importées peuvent avoir été coupées depuis sept à dix jours lorsqu’elles arrivent chez le grossiste. Elles doivent ensuite poursuivre leur parcours jusqu’au fleuriste. La chaîne d’approvisionnement peut donc être assez longue et les conditions de coupe ne sont pas toujours optimales », explique-t-il.
Les fleurs cultivées localement présentent également un avantage environnemental important. Produites de manière écoresponsable, elles parcourent beaucoup moins de kilomètres avant d’atteindre les consommateurs, réduisant ainsi l’empreinte carbone liée à leur transport.
En choisissant des fleurs québécoises, les consommateurs soutiennent aussi les producteurs d’ici et contribuent à la vitalité de l’économie locale.