Au cours de cette journée consacrée à la contribution des travailleurs agricoles guatémaltèques au développement économique de la région, plusieurs intervenants ont mis en lumière les difficultés de communication auxquelles ces travailleurs se heurtent au quotidien.
La grande majorité d'entre eux s'exprime uniquement en espagnol, alors que les échanges en milieu de travail se déroulent principalement en français. Cette barrière linguistique complique les relations avec les employeurs, les collègues et les différents services auxquels ils doivent faire appel.
Malgré leur apport essentiel au fonctionnement de nombreuses entreprises agricoles, la méconnaissance du français limite leur autonomie et rend souvent plus complexes les démarches les plus courantes. Comprendre les consignes de travail, consulter un professionnel de la santé, remplir des formulaires ou effectuer des démarches administratives représentent fréquemment un défi.
Pas seulement au travail
La difficulté ne se limite pas au milieu de travail. Dans la vie de tous les jours, plusieurs travailleurs hésitent à poser des questions ou à demander de l'aide par crainte de ne pas se faire comprendre. Cette réalité peut également freiner leur intégration dans la communauté et restreindre leurs échanges avec la population locale.
« En discutant avec les gens aujourd'hui, je me suis aperçu que le principal défi des travailleurs temporaires guatémaltèques réside dans la communication. Il s'agit d'une question de langue. Nous poursuivons tous un objectif commun, soit permettre à ces travailleurs de bénéficier pleinement des droits auxquels ils ont accès et de profiter d'une bonne qualité de vie », constate le maire.
Il ajoute que cette rencontre a permis de mieux comprendre les enjeux vécus sur le terrain. « Dans certaines entreprises, il subsiste des difficultés de communication entre les employés et l'employeur. La journée d'aujourd'hui nous a permis de prendre connaissance de cette réalité et de réfléchir aux moyens de l'améliorer. »
Nombreux travailleurs guatémaltèques
Au total, plus de 2 000 travailleurs guatémaltèques œuvrent dans la région. Aux Serres Toundra seulement, quelque 350 d’entre eux occupent un emploi.
« Nous sommes venus à Saint-Félicien pour rencontrer les travailleurs, mais également les organismes, les élus et les entreprises qui les accueillent », explique la consule du Guatemala au Québec, Elsa Samayoa.
Selon elle, comme le maire Boutin, la langue demeure le principal obstacle à leur intégration. « Plusieurs hésitent à exprimer leurs émotions, à parler de leurs difficultés ou encore à signaler un problème de santé, simplement parce qu'ils ne maîtrisent pas suffisamment le français. Cette situation peut retarder certaines démarches et les empêcher de demander l'aide dont ils ont besoin. »