Chaque année, près de 23 M$ en dépenses commerciales échappent à Chambord au profit des municipalités voisines. C’est l’un des constats marquants qui ressort d’une étude d’opportunité sur les commerces de proximité réalisée pour la Municipalité.
Le conseil municipal a récemment confié à Raymond Chabot Grant Thornton un mandat de 35 000 $ afin de brosser un portrait des commerces et services existants ou en développement, d’évaluer le potentiel de croissance du milieu et de cerner les occasions d’affaires susceptibles d’attirer de nouvelles entreprises.
Dans le cadre de cette démarche, plus de 300 résidents de Chambord ont été sondés au printemps dernier.
Les résultats confirment qu’à la suite de la fermeture de la Coop, plusieurs services de proximité font défaut dans la municipalité. Les besoins les plus fréquemment mentionnés concernent notamment une épicerie, une quincaillerie et des restaurants.
L’étude met également en lumière un important niveau d’insatisfaction, tant chez les citoyens que chez les commerçants, à l’égard de l’offre commerciale actuelle. Pour effectuer leurs achats courants, plusieurs résidents doivent se rendre à Roberval, Desbiens ou encore à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.
Bien que Chambord compte 73 établissements sur son territoire, la majorité d’entre eux œuvrent dans les services, l’agriculture ou la construction. Les commerces offrant des biens de consommation courante demeurent peu nombreux, ce qui explique qu’une grande part des achats s’effectue à l’extérieur de la municipalité.
Pour le maire de Chambord, Luc Chiasson, le chiffre qui retient particulièrement l’attention est celui des 23 millions de dollars dépensés ailleurs chaque année.
« Près de 87 % des dépenses commerciales sont effectuées à l’extérieur du territoire de la municipalité. Selon l’étude, il serait possible de retenir jusqu’à 3,9 millions de dollars à Chambord. Ce sont des données intéressantes puisqu’elles nous offrent des arguments supplémentaires pour approcher des promoteurs qui souhaiteraient s’établir chez nous », souligne-t-il.
L’étude identifie également le carrefour des routes 155 et 169 comme un atout stratégique encore sous-exploité. « Près de 10 000 véhicules circulent chaque jour sur le territoire de Chambord. Ce fort achalandage représente une occasion intéressante d’attirer des visiteurs de passage vers les commerces locaux », ajoute le maire.
Les consultants ont aussi analysé différents modèles d’affaires implantés dans de petites municipalités québécoises. Selon leurs conclusions, deux concepts se démarquent particulièrement pour Chambord : une épicerie de proximité et un commerce libre-service accessible en continu avec un minimum de personnel. De leur côté, les commerçants consultés privilégient davantage un magasin ou une coopérative multiservices regroupant plusieurs offres sous un même toit.
Enfin, l’étude propose un plan d’action articulé autour de trois grandes orientations : accroître l’achalandage commercial, développer l’offre de commerces et adapter les services ainsi que la réglementation municipale afin de favoriser les investissements.
Selon les auteurs du rapport, la réussite de cette démarche reposera sur l’implication des partenaires et de la voix des citoyens.
Rappelons que depuis la fermeture de la Coop de Chambord, un comité réunissant la Municipalité, la MRC du Domaine-du-Roy et la SADC Lac-Saint-Jean-Ouest travaille à évaluer les différentes avenues de relance.
Par ailleurs, le bâtiment qui abritait l’ancienne Coop affiche désormais une pancarte « Vendu ». Selon les plus récentes informations, le promoteur est actuellement en voie de finaliser l’acquisition de l’immeuble.