Depuis 2004, Peter Gallant vit à la Pointe-Langevin avec un rêve bien précis : pouvoir un jour quitter les lieux et passer ses dernières années auprès de ses enfants, dans la région d’Ottawa. À 81 ans, alors qu’il se dit en excellente santé, ce projet devient pourtant de plus en plus difficile à réaliser. La valeur de sa maison, fortement affectée par la problématique d’érosion qui touche le secteur, ne lui permettrait plus de financer l’achat d’une nouvelle résidence en Ontario. L’octogénaire se retrouve ainsi devant une situation qui lui paraît sans issue.
Cette impossibilité de vendre sa propriété à sa juste valeur lui impose un lourd dilemme. Partir devrait subir une importante perte financière et rester signifie s’éloigner encore davantage de ses enfants. Au fil des mois, cette situation nourrit chez lui un stress grandissant et fait planer une question douloureuse : pourra-t-il encore réaliser son souhait de vivre près de sa famille?
Avant de s’établir à la Pointe-Langevin, Peter Gallant travaillait comme enseignant à Arvida. Le secteur représentait déjà pour lui un lieu familier bien avant la construction de sa résidence.
« Avant de bâtir ma maison, nous avions une roulotte au même endroit », explique-t-il.
Un rêve qui semble lui échapper
Trois des quatre enfants de Peter Gallant vivent dans la région d’Ottawa. La proximité avec eux représente aujourd’hui son principal souhait.
« J’aimerais bien aller les rejoindre, mais je pense que je serai ici jusqu’à ma mort et je devrai passer le reste de ma vie ici, à la Pointe Langevin », déclare-t-il, une phrase qui traduit toute l’amertume d’un homme qui voit son projet de vie lui échapper.
Pourtant, la situation n’a pas toujours semblé aussi préoccupante. Peter Gallant rappelle qu’avant que l’érosion ne vienne bouleverser la valeur des propriétés du secteur, sa maison représentait un actif important.
« En 2010, j’ai demandé à un courtier immobilier quelle était la valeur de ma maison. Il m’avait répondu que je pourrais la vendre facilement 450 000 $. Évidemment, depuis ce temps, elle avait pris de la valeur », raconte-t-il.
Aujourd’hui, le contexte s’est complètement renversé. Malgré les années investies dans sa résidence et l’espoir qu’elle puisse un jour lui permettre de financer un nouveau départ, Peter Gallant estime qu’une vente dans les conditions actuelles lui ferait subir une perte trop importante.
Attendre une solution
Pour lui, une seule avenue permettrait véritablement de débloquer la situation : une intervention gouvernementale qui l’obligerait à quitter les lieux, comme ce fut le cas pour quatre propriétaires de la Pointe Langevin jusqu’à maintenant.
« Je pourrais obtenir un bon montant. Autrement, je ne vendrai pas ma maison, car je perdrais trop », conclut-il.
À 81 ans, Peter Gallant continue donc d’attendre. D’un côté, la maison où il vit. De l’autre, ses enfants qu’il souhaite rejoindre avant que le temps ne rende ce rêve impossible. Entre les deux, une propriété devenue difficile à vendre et une décision qui ne dépend plus entièrement de lui.



