Le maire de Roberval, Jean-François Boily, hausse le ton dans le conflit qui oppose depuis plusieurs années le Club nautique de Roberval au propriétaire du restaurant Marina 1353, Roger Boutin. La Ville exige des changements dans l'entreposage hivernal des voiliers et entend resserrer son contrôle sur la gestion de la marina. Le contrat actuel, qui prend fin le 31 décembre 2026, pourrait notamment laisser place à une nouvelle entente d'une seule année, assortie de conditions supplémentaires.
« C'est le dernier hiver que le stationnement soit comme ça », prévient Jean-François Boily, qui demande au Club nautique de trouver des solutions pour la prochaine saison. Le maire reconnaît que le conflit a atteint un niveau particulièrement préoccupant, malgré plusieurs interventions de la municipalité pour rapprocher les parties.
À la suite d'une rencontre avec Roger Boutin, il avait notamment confié le suivi du dossier à une conseillère municipale pour trouver une solution au litige qui l’oppose au Club nautique.
Une facilitatrice plutôt qu'une médiatrice
Devant l'impasse, Jean-François Boily a personnellement insisté pour retenir les services d'une intervenante externe chargée de faciliter le dialogue. Le maire tient d'ailleurs à préciser qu'il ne s'agissait pas d'une médiatrice, mais bien d'une facilitatrice, avocate de formation. Cette initiative ne faisait pas l'unanimité à l'interne, mais le maire souhaitait offrir une dernière occasion aux deux parties de discuter directement.
« Je voulais mettre la facilitatrice, asseoir les deux face à face, puis se dire les vraies affaires », explique-t-il.
Deux rencontres ont eu lieu, selon les informations dont dispose le maire. Celui-ci reconnaît toutefois ignorer les conclusions précises des discussions. La situation s'est toutefois compliquée lorsque les deux parties ont échangé des mises en demeure.
Des changements dans la gouvernance
Au-delà du conflit entre le restaurateur et les dirigeants du Club nautique, la Ville souhaite revoir plusieurs dispositions de son contrat de gestion.
Jean-François Boily confirme notamment son intention d'obtenir un siège pour un conseiller municipal au conseil d'administration du Club nautique. Cette présence permettrait à la Ville de suivre davantage les décisions concernant une infrastructure qui lui appartient.
« On veut rajouter un conseiller sur le CA du Club nautique pour avoir un œil sur la gouvernance », précise-t-il. La municipalité demande également la transmission d'états financiers et souhaite revoir certaines responsabilités administratives.
Le stationnement au cœur du problème
Le stationnement hivernal des voiliers demeure l'un des principaux irritants. Lorsque les embarcations quittent l'eau à l'automne, elles occupent une grande partie des espaces disponibles sur le site de la marina.
Pour Jean-François Boily, cette situation dépasse largement les préoccupations du restaurant Marina 1353. Il rappelle que le stationnement dessert également d'autres commerces du secteur, notamment la pharmacie Familiprix, ainsi que des citoyens qui fréquentent les installations environnantes.
Le maire évoque aussi les besoins liés au débarquement des élèves de l’école qui se trouve près de la marina, une réalité qu'il connaît particulièrement bien depuis son passage à la direction d'une école.
Plusieurs scénarios à l'étude
Le Club nautique aurait maintenant entrepris un exercice de réorganisation du stationnement à l'aide du logiciel de conception AutoCAD.
Selon le maire, plusieurs possibilités demeurent sur la table, dont la répartition des voiliers sur deux ou trois sites, leur déplacement vers des emplacements plus éloignés ou encore l'utilisation éventuelle du quai des Anglais. Certaines embarcations pourraient également devoir quitter le site pour la période hivernale.
« Toutes les solutions sont sur la table avec le Club nautique », affirme le maire.
Il souligne d'ailleurs une ouverture plus grande des dirigeants, qui avaient auparavant opposé un refus catégorique à toute modification des pratiques d'entreposage.
Une contribution municipale de 40 000 $
Jean-François Boily profite également de l'occasion pour préciser les montants associés à la gestion de la marina.
Selon ses explications, la Ville verse 120 000 $ au Club nautique, tandis qu'un bail de 80 000 $ vient réduire la contribution financière nette à 40 000 $. Le maire conteste ainsi les affirmations voulant que la municipalité débourse annuellement 200 000 $ pour cette installation.
Cette précision concerne toutefois les montants présentés dans l'entente et ne permet pas, à elle seule, d'établir l'ensemble des coûts municipaux liés au site.
