Économie

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Cultivé à Saint-Prime

Le Gelato Bleu, premier cannabis régional à faire son entrée à la SQDC

Le 02 juillet 2026 — Modifié à 10 h 00 min
Par Jean Tremblay - Journaliste

Depuis février dernier, les consommateurs québécois peuvent se procurer le produit Gelato Bleu de la marque Léo Cannabis Co., sur les tablettes au Québec. Cultivé à l'usine CannaPrime, dans le parc industriel de Saint-Prime, le Gelato Bjeu est devenu le premier cannabis produit dans la région à être commercialisé à l'échelle du Québec, une étape marquante pour cette industrie émergente au Lac-Saint-Jean. 

Les propriétaires de CannaPrime ont toutefois dû faire preuve de patience avant de voir leur produit arriver au Québec. Construite en 2021 dans le parc industriel de Saint-Prime, l’usine a obtenu, au cours des derniers mois, l’ensemble des certifications nécessaires à ses activités. 

« Nous détenons maintenant toutes les licences requises pour la production, la transformation et la vente de cannabis ainsi que de produits dérivés. Dans cette industrie, il faut non seulement être patient, mais aussi faire preuve d’une grande rigueur. Au départ, plusieurs entreprises se présentaient comme des expertes. De notre côté, nous avons choisi de faire les choses dans les règles de l’art », explique Benoît Pinsonneault, directeur général de CannaPrime depuis février 2025. 

Cultivé sous le soleil de la Mauricie 

En plus de ses installations de Saint-Prime, l’entreprise exploite un site de culture extérieur à Notre-Dame-de-Montauban, en Mauricie. 

« La majorité de nos plants sont cultivés à cet endroit, en pleine terre et sous le soleil. Bien que nous ayons réalisé certaines productions à Saint-Prime, la plus grande partie du cannabis actuellement commercialisé provient de Notre-Dame-de-Montauban », précise M. Pinsonneault. 

La lyophilisation : un séchage par le froid 

L’une des principales particularités de CannaPrime réside dans sa méthode de séchage. Plutôt que d’opter pour le séchage traditionnel à l’air libre, l’entreprise utilise la lyophilisation, aussi appelée freeze drying. 

Employée depuis des décennies dans les secteurs alimentaire et pharmaceutique, cette technologie permet de préserver les qualités des produits les plus sensibles en retirant l’eau à basse température. 

« La plupart des producteurs font sécher leur cannabis à l’air libre pendant plusieurs semaines. Chez nous, dès la récolte — qu’elle provienne de Saint-Prime ou de Notre-Dame-de-Montauban —, les fleurs sont congelées puis lyophilisées. Ce procédé permet de retirer l’eau tout en conservant un maximum de fraîcheur », explique le directeur général. 

Concrètement, la fleur passe directement de l’état congelé à l’état sec grâce à un phénomène appelé sublimation. L’eau contenue dans la plante s’évapore sans passer par l’état liquide. 

Déjà largement utilisée pour les épices, le café instantané, les fruits ou encore certains produits pharmaceutiques, cette technologie demeure rare dans l’industrie canadienne du cannabis. 

« Nos congélateurs et notre lyophilisateur sont installés à l’usine de Saint-Prime. Cet équipement représente un investissement d’environ un million de dollars. À l’heure actuelle, nous figurons parmi les rares producteurs au Canada à utiliser cette technologie », souligne Benoît Pinsonneault.

Léo Cannabis : un nom inspiré par l’innovation

Pourquoi Léo? Le nom de la marque est directement inspiré de la technologie qui distingue le produit. De « lyo » est né « Léo », un clin d’œil à cette méthode peu répandue dans l’industrie. 

« Petit, chaleureux et indubitablement québécois, Léo fait le pont entre la science de la lyophilisation et la simplicité d’un nom amical et local », peut-on lire sur le site Internet de l’entreprise. 

Contrairement à plusieurs producteurs canadiens, CannaPrime n’est pas soumise à des quotas de production. Sa limite repose plutôt sur la capacité de ses installations de Saint-Prime ainsi que sur le rendement de son site de culture extérieure de Notre-Dame-de-Montauban. 

« Nous produisons environ 20 tonnes de cannabis humide chaque année. Après le séchage, il reste près de sept tonnes de produit sec sous forme de fleurs », explique le directeur général, Benoît Pinsonneault. 

L’usine de Saint-Prime emploie habituellement entre cinq et dix travailleurs. Toutefois, lors des périodes de récolte et de transformation, l’effectif grimpe à une quinzaine d’employés. 

« À Notre-Dame-de-Montauban, au moment de la plantation et de la récolte, vers la mi-septembre, jusqu’à une cinquantaine de personnes peuvent travailler dans les champs », précise-t-il. 

Alors que la récolte extérieure est concentrée sur quelques semaines à l’automne, les installations de Saint-Prime permettent quant à elles de réaliser quatre récoltes par année, soit environ une tous les quatre mois. 

Le seuil de rentabilité atteint 

Après plusieurs années consacrées à l’obtention des certifications et au développement de l’entreprise, CannaPrime commence à récolter les fruits de ses investissements. 

Questionné sur la rentabilité de l’entreprise, Benoît Pinsonneault se montre prudent, mais optimiste. 

« Pendant plusieurs années, nous avons dû absorber des dépenses importantes liées au démarrage et aux exigences réglementaires. Notre produit est offert au Québec depuis environ six semaines seulement. Toutefois, compte tenu des ventes réalisées et de nos coûts d’exploitation, nous avons désormais atteint le seuil de rentabilité sur une base mensuelle », conclut-il.

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