Denis Trottier est de ceux qui ne cessent de nous surprendre. À 74 ans, il a réalisé pour une deuxième fois la traversée à la nage des 23 kilomètres séparant Mashteuiatsh de l’Île Bouliane, en tandem avec son cousin. L’ancien député de Roberval et ex-maire de Péribonka démontre une fois de plus qu’il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves.
Amoureux du lac Saint-Jean et fervent adepte de la natation, Denis Trottier suit avec enthousiasme la Traversée internationale du lac Saint-Jean depuis son plus jeune âge.
« Pour nous, la Traversée était quelque chose de sacré. On assistait au départ des nageurs, on les suivait en bateau tout au long du parcours et on allait les accueillir à leur arrivée à Roberval. On a fait ça des dizaines et des dizaines de fois », se rappelle-t-il.
« Je suis l’un de ceux qui a vu le plus de départs et d’arrivées de nageurs dans la région. Cette passion est toujours restée », affirme-t-il.
Longtemps, il a rêvé de passer de l’autre côté de la barrière et de se retrouver lui-même sur la ligne de départ. Ce rêve a commencé à prendre forme en 2024 lorsque son cousin, Jacques Trottier, lui a proposé d’effectuer la traversée du lac à relais.
Le projet est arrivé à un moment particulièrement difficile de sa vie, peu après le décès de sa conjointe. Voyant dans ce défi une occasion de se fixer un objectif concret et de trouver un nouvel élan, il a accepté sans hésiter et s’est investi pleinement dans cette aventure.
« De fil en aiguille, on a fait la première traversée. On était bien content », exprime celui qui a réussi à accomplir son défi malgré des problèmes à une épaule.
L’été dernier, le duo souhaitait répéter l’expérience. Malgré une préparation rigoureuse et plusieurs entraînements, les conditions n’avaient pas permis la réalisation du projet. Cette année, tous les éléments étaient réunis. Et cette fois, Denis Trottier savait à quoi s’attendre.
23 kilomètres, 9 h 50
C’est le 7 août dernier que les deux hommes se sont rendus Mashteuiatsh pour réaliser leur défi.
« Quand on dit que le lac Saint-Jean est une mer intérieure, c’est vrai. Quand on est partis, on ne voyait la terre ni d’un côté ni de l’autre. C’était comme être au beau milieu de l’océan. Autant le lac peut être dangereux, autant il peut se montrer accueillant à certaines occasions. Cette journée-là, il était de notre côté », raconte-t-il.
Denis et Jacques Trottier ont enfilé leur combinaison isothermique avant de s’élancer sur le lac, parcourant la distance en relais, une brasse à la fois. Leur amie Doris Larouche était présente pour s’assurer du bon déroulement de l’épreuve.
Après 9 h 50 d’effort, les deux hommes ont finalement atteint l’Île Boulianne. Aucune anicroche n’est venue perturber leur parcours. Fierté, satisfaction, joie et euphorie se sont alors emparé d’eux à l’arrivée.
« Ça a très bien été, se réjouit Denis Trottier. Le lendemain, j’avais mal nulle part. Ça veut dire que l’entrainement a été suffisant. »
Détermination et persévérance
De cette expérience hors du commun, Denis Trottier retient avant tout une leçon. Avec de la détermination et de la persévérance, il est possible d’accomplir de grandes choses, peu importe son âge. Il encourage d’ailleurs les autres à se fixer des objectifs qui les passionnent.
« Trouvez quelque chose que vous aimez. Faites-le. Ce n’est pas tout le monde qui peut traverser le lac. Je pense qu’il faut se choisir un projet, aussi petit soit-il, et le faire dans l’année suivante. Il faut avoir des défis pour rester en vue. »
De son côté, Denis Trottier est déjà retourné à l’entraînement. « Pour mes 75 ans, j’espère traverser le lac Saint-Jean pour une troisième fois », conclut-il, tout sourire.