À l'approche du déclenchement de la campagne électorale québécoise menant au scrutin du 5 octobre, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) interpelle les partis politiques et les presse d'agir pour assurer la pérennité du modèle québécois de l'habitation, soutenu par des dizaines de milliers de petits propriétaires.
L'organisme a dévoilé une série de 12 recommandations qu'il souhaite voir mises en œuvre au cours du prochain mandat afin de préserver, moderniser et faciliter la transmission du parc locatif québécois, qui loge près de 40 % des ménages de la province.
« On a toujours réfléchi l'habitation sous l'angle de construire plus. Aujourd'hui, il faut repenser notre façon d'offrir des toits à la population québécoise en tenant compte de leurs besoins et des ressources publiques et privées dont nous disposons. […] la CORPIQ invite toutes les parties prenantes à catalyser les efforts et passer à l'action avec des mesures concrètes. », affirme Éric Sansoucy, porte-parole de la CORPIQ.
Parmi ses principales propositions figure la création d'un Observatoire québécois de l'habitation et d'une Table Québec-Logement dès le début du prochain mandat. L'organisation demande également une réforme du Tribunal administratif du logement (TAL), qu'elle juge fortement engorgé. La CORPIQ souligne notamment que seulement 8,2 % des 1,4 million d'appels reçus par l'institution sont pris en charge.
Sur le plan financier, l'association souhaite une refonte des programmes gouvernementaux existants en habitation ainsi que la création d'un crédit d'impôt de 30 % destiné aux rénovations locatives, notamment celles visant à améliorer la performance énergétique des immeubles. Elle réclame également une révision de la loi R-20, estimant que celle-ci augmente de 30 % à 50 % les coûts de rénovation des logements locatifs.
La CORPIQ plaide par ailleurs pour l'instauration d'une aide au logement qui suivrait la personne plutôt que le logement lui-même. Elle propose aussi la mise sur pied d'un guichet de prévention de l'itinérance, d'un fonds de sécurité locative encadré ainsi que de mesures fiscales plus souples pour favoriser le transfert des immeubles entre générations.
« Le parc locatif existant est le logement le plus abordable. On ne pourra jamais en construire d'aussi peu chers. Le rénover n'est donc pas une dépense, c'est une politique d'abordabilité », a ajouté Éric Sansoucy.