Des centaines de citoyens provenant de plusieurs régions du Québec se sont rassemblés à Québec, hier, à l'appel du Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ), afin de réclamer un moratoire sur le développement de nouveaux projets éoliens dans la province.
Les manifestants se sont d'abord réunis au Musée national des beaux-arts du Québec avant de marcher jusqu'à l'Assemblée nationale. La mobilisation a également reçu l'appui du président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec), Patrick Gloutney, qui représentait notamment les travailleuses et travailleurs d'Hydro-Québec membres du syndicat.
Devant le parlement, les personnes présentes ont formé une chaîne humaine représentant une éolienne de 210 mètres de hauteur afin d'illustrer l'ampleur des infrastructures projetées. L'événement a aussi été ponctué par la présentation de la courte pièce humoristique intitulée Quand Fuckall Energy veut votre bien ainsi que par des prestations musicales engagées critiquant le discours de l'industrie éolienne et les pressions exercées, selon le regroupement, sur les élus et les communautés.
Un développement hors de contrôle
Le RVÉQ soutient que le développement de la filière éolienne se déroule sans véritable réflexion collective sur l'avenir énergétique du Québec. Le regroupement estime que l'implantation de milliers d'éoliennes pourrait entraîner des répercussions importantes sur les paysages, les terres agricoles, les forêts et les milieux de vie.
« Ce saccage de notre territoire par la multiplication des parcs éoliens serait encore accentué par les milliers de kilomètres de nouvelles lignes de transport électrique à construire pour intégrer cette nouvelle énergie. », explique le regroupement dans un communiqué de presse.
Le regroupement critique également le recours à des promoteurs privés dans le développement de la filière, rappelant que le Québec a historiquement choisi de nationaliser sa production et sa distribution d'énergie.
« L'implantation des éoliennes est ainsi soumise aux lois du profit plutôt que tournée vers des solutions qui s'offriraient à une société d'État axée sur le bien commun. Le plan pharaonique d'Hydro-Québec qui souhaite doubler sa production énergétique se déploie actuellement par l'éolien alors qu'on refuse toujours une analyse d'ensemble pour le Québec et un véritable scénario de décarbonation cohérent. », ajoute le regroupement.
Plusieurs revendications
Pour Janie Vachon-Robillard, responsable du dossier éolien et de la mobilisation au sein du regroupement, les revendications sont claires. Elle demande la mise en place d'un moratoire sur le développement éolien jusqu'à la tenue d'un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) générique portant sur les impacts cumulatifs de cette filière et sur les meilleures façons de l'encadrer.
Le RVÉQ réclame également la tenue d'un vaste débat sur les besoins énergétiques futurs du Québec, incluant des scénarios de décroissance et de sobriété énergétique. L'organisation souhaite aussi qu'aucun projet éolien ne puisse être implanté dans une zone habitée sans l'approbation de la population par référendum municipal.
« Ce n'est qu'à ces conditions que l'éolien pourra véritablement être bénéfique pour la société québécoise », affirme Janie Vachon-Robillard.