En prévision d’une expédition, on a beau se préparer à toutes les éventualités, certains éléments demeurent hors de notre contrôle et peuvent nous déstabiliser. C’est ce qu’a vécu Sylvie Coulombe lors de son ascension du Kilimandjaro. Malgré les obstacles, elle a gardé le cap jusqu’au sommet, qu’elle a atteint avec, à ses côtés, la photo de son fils Francis.
C’est avec un groupe de huit autres femmes que Sylvie Coulombe a entrepris cette aventure dans le but d’amasser des fonds pour Leucan et la Fondation Desjardins pour des projets destinés aux jeunes.
Sylvie Coulombe l’admet, à son arrivée à Arusha, principale porte d’entrée vers l’ascension du Kilimandjaro, la nervosité était bien présente. Dès qu’elle a posé les premiers pas dans le parc national, son appréhension a rapidement laissé place à l’enthousiasme.
« La première journée a super bien été. On montait. Ce n’était pas facile. Physiquement, j’étais vraiment bien préparée. Les deux autres journées, je n’ai rien à dire. Ça se passait super bien », dit la femme de 63 ans, également mairesse de Saint-Thomas-Didyme.
C’est au cours de la quatrième nuit que la situation s’est compliquée. Alors qu’elle se trouvait dans un campement situé à 4 000 mètres d’altitude, Sylvie Coulombe a commencé à ressentir les premiers effets du mal des montagnes. Durant la nuit, des symptômes liés à l’altitude sont apparus.
Les nausées et les vomissements ont persisté pendant les jours suivants, compliquant l’ascension.
Dépassement de soi
La poussée vers le sommet a été ardue, avoue-t-elle. « La nuit avant la montée, mon guide m’a dit qu’il n’était pas sûr que j’allais être capable d’y arriver. Il m’a vu. J’étais malade. Je devais avoir l’énergie pour monter et pour descendre. J’ai dormi quelques heures. Je me suis réveillée, je me suis dit que j’étais capable de le faire. Je ne sais pas par où j’ai été chercher mon énergie, mais elle est venue de loin. »
Pour atteindre leur objectif ultime, les membres de l’équipe devaient franchir un dénivelé de 1 250 mètres. Il leur a fallu six heures et demie d’efforts soutenus pour atteindre le toit de l’Afrique.
Dans les moments les plus difficiles, Sylvie Coulombe se rattachait à sa motivation principale : Francis. Il s’agit de son fils qui a été emporté par le cancer il y a 30 ans. C’est pour lui qu’elle accomplissait cet exploit.
« Je voulais amener Francis au sommet avec moi. J’avais une photo de lui dans mon sac. Je me disais que j’étais chanceuse d’avoir la capacité physique pour le faire. Je veux encourager les autres personnes à croire en leur projet, peu importe leur âge. J’étais dans les plus vieilles du groupe », exprime-t-elle.
Sylvie Coulombe a tiré des apprentissages de cette expérience. « J’ai découvert que mes limites étaient beaucoup plus loin que je pensais. Je suis quelqu’un de défi. J’ai fait preuve de persévérance. »
L’aboutissement de cette expédition repose aussi sur la force du groupe. Sylvie Coulombe a pu compter sur l’appui des autres femmes qui l’accompagnaient tout au long de l’aventure. Les sherpas ont également joué un rôle essentiel, en assurant le transport de l’équipement et la logistique des campements, lui permettant ainsi de se concentrer pleinement sur son ascension.
« J’avais 12 kilos de bagage qu’ils transportaient tous les jours. Ils font ça avec le sourire. Ils étaient contents pour nous », se rappelle-t-elle.
Au final, le projet 9 femmes, 1 sommet : Kilimandjaro 2026 a permis d’amasser un montant de plus de 118 000 $. « C’est une réussite. Les gens connaissent la cause et ils nous ont appuyé », se réjouit-elle.



