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Ces services essentiels tenus à bout de bras

Le 05 décembre 2022 - Modifié à 15 h 41 min
Par

Chronique

Je ne suis allé qu’une seule fois à la maison Colombe-Veilleux. C’était pour y voir mon défunt collègue aux sports, Michel Tremblay, qui fut une présence de tous les instants dans les arénas du secteur Dolbeau-Mistassini pendant de nombreuses années.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en m’y rendant pour voir quelqu’un qui y vit ses derniers moments. Heureusement, j’accompagnais un autre collègue, mon bon ami Jules Simard, qui avait collaboré avec Michel depuis bien plus longtemps que moi.

À dire vrai, je me souviens n’avoir réussi à prononcer que quelques mots. J’étais confronté pour la première fois de ma vie adulte à une connaissance en fin de vie et qui le savait. Jules avait su trouver les mots pour nous deux.

Malgré tout, je me rappelle avoir eu l’impression de voir quelqu’un qui était en paix avec l’inéluctable. Je n’étais pas un proche, loin de là, mais c’est du moins ce que je retiens.

Le lecteur aura compris, ici, que je parle de la Maison Colombe-Veilleux car je demeure à Dolbeau-Mistassini, mais j’aurais tout aussi bien pu raconter une histoire semblable pour Le Havre, Soli-Can, la Maison de soins palliatifs du Saguenay ou bien d’autres.

Il y a quelque chose de beau dans un milieu qui se prend en main et qui décide qu’il offrira les meilleurs soins possibles à sa population en fin de vie. C’est le meilleur de l’humanité, être là quand ça compte pour son prochain.

C’est une affaire de bénévoles qui ne lâchent pas dans l’adversité, de personnes qui ont le cœur aussi grand que la maison dans laquelle elles œuvrent et de gens ordinaires qui donnent un petit 10$ en se rendant au salon funéraire, même si leur portefeuille se fait léger, pour une cause plus grande qu’eux.

Si l’on devait dresser une liste des services dits essentiels dans un milieu qui se respecte et qui souhaite véhiculer des valeurs humanistes, avoir accès à une maison de soins palliatifs serait assurément du lot.

Aussi, est-ce plutôt singulier qu’il faille se battre de la sorte pour réussir à les maintenir en activité. Chaque année, des bénévoles doivent trouver le moyen de réunir une somme d’argent non négligeable afin de combler la différence entre la subvention du ministère de la Santé et le coût réel d’exploitation d’un tel organisme.

Cette chronique ne dit assurément rien de nouveau sous le soleil. Tout cela a déjà été martelé maintes fois et le sera sans doute encore. Mais au rythme plutôt lent où le bénévolat se renouvelle ces années-ci, il se pourrait que les bras qui portent nos services essentiels soient un jour trop meurtris pour continuer.

Il y a beaucoup plus qu’on ne croit à première vue qui repose essentiellement sur le don de soi qui provient d’autrui. Le jour où on ne pourra plus compter sur eux, nous aurons affaire à des lendemains difficiles, très difficiles.

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