Chroniques

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Tannés de la campagne ? Lâchez-pas !

Le 15 septembre 2026 — Modifié à 14 h 38 min
Par Roger Lemay - Rédacteur en chef

Vous êtes tannés de la campagne électorale ? Vous trouvez que les phrases des candidats sont creuses ? Qu’on assiste à une série de promesses irréalistes ? Que les millions pleuvent, pendant qu’on évite surtout d’énumérer les services qui seront coupés ? Vous trouvez qu’il y a trop de partis ? Que Trump prend trop de place ?

Vous n’avez pas tort. Mais ce n’est pas une raison pour tourner les talons. Parce que si vous ne vous occupez pas de la politique, la politique va s’occuper de vous.

Prenez Trump. En 2024, 65 % de la population américaine en âge de voter a effectivement voté. Et de ce nombre, qui représente 77 millions de votes en valeur absolue, Trump a reçu 49,8 % des suffrages exprimés.

Bref, en bout de ligne, il n’a été élu que par seulement 32 % de la population. Si on pousse le raisonnement plus loin, près de 70 % des gens n’ont pas voté pour lui, à l’urne ou en s’abstenant de voter.

Or, selon le plus récent sondage d’USA Polling Data, près de 60 % des Américains sont actuellement en désaccord avec Trump, ses politiques et son comportement. Croyez-vous que les non-votants ne s’en mordent pas les doigts aujourd’hui ? Tant pis pour eux… et malheureusement pour nous.

Au Québec, la donne est d’autant plus complexe que les partis se sont multipliés. Fini les luttes PQ contre libéraux, fédéralistes contre souverainistes. Le spectre est beaucoup plus large.

Vous souhaitez une baisse du prix de l’essence, un État moins interventionniste, davantage de place pour le privé en santé et l’arrivée de projets d’exportation de gaz liquéfié comme le GNL ? Votez conservateur. Vous êtes souverainiste pur et dur ? Votez PQ. Vous êtes fédéraliste ? Votez libéral. Vous souhaitez une bonification des programmes sociaux, une redistribution de la richesse et une politique favorable à l’immigration ? Votez NPD. Pour la continuité, votez CAQ.

Ce qui complique encore plus le choix cette fois, je trouve, c’est que plusieurs mesures proposées par les partis se recoupent. Le choix politique n’est jamais simple. On peut être en accord avec certaines mesures d’un parti tout en rejetant plusieurs de ses autres propositions.

À l’inverse, on peut être en désaccord avec certaines promesses, mais se reconnaître dans sa philosophie générale. Aucun parti ne nous ressemble parfaitement. Autre exemple : quelqu’un peut être en faveur de l’élargissement des programmes sociaux, par exemple pour financer davantage les organismes communautaires de première ligne ou encore les refuges pour animaux abandonnés, et en même temps être en faveur de l’exploitation de notre gaz naturel.

Bref, on ne peut pas se forger un parti à la carte, comme on se choisit un plat de bouchées de sushis…

Alors, même si c’est une tâche un peu plate, il faut faire nos devoirs : s’informer, lire les programmes et comparer les propositions. La Boussole électorale de Radio-Canada est d’ailleurs un exemple d’outil pour nous aider à mieux comprendre les positions des différents partis et à faire un choix qui correspond à nos valeurs. 

Ici, contrairement à bien d’autres pays, nous avons le privilège de pouvoir choisir nos dirigeants. Encore faut-il prendre la peine de sortir voter.

Ah oui, en terminant, sachez que même si vous ne gagnez pas votre élection, votre vote va quand même donner environ deux dollars au parti que vous aurez choisi. C’est mieux que rien. 

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