Après une campagne publicitaire sans précédent, tout est prêt pour les États généraux de Roberval.
Environ 2 700 personnes (ce qui est tout de même une bonne participation) ont répondu au sondage général en marge de l’événement. Les résultats ne réservent toutefois aucune surprise : près de 95 % des répondants affirment que la plus grande force de Roberval réside dans sa proximité avec le lac Saint-Jean et son environnement naturel.
Cela fait pourtant 40 ans que les Robervalois réclament un développement pour mettre en valeur la Pointe Scott, mais je n’ai encore jamais vu de plan, de croquis, ni même le début d’un véritable projet.
J'oubliais : il y a bien eu le Centre historique et aquatique, mais il est transformé depuis des années en entrepôt délabré. Le problème, c’est que pour réaliser un développement d’envergure, il faut de l’argent, beaucoup d’argent.
De tels projets coûtent plusieurs millions de dollars, alors que nos municipalités manquent cruellement de ressources. Par exemple, pour 2026, les revenus de la Ville s'élèvent à 26,8 millions de dollars face à des dépenses et investissements projetés de 30,2 millions. Il n’y a aucune marge de manœuvre, les dépenses dépassant les revenus courants.
D'ailleurs, dans les prévisions de la Ville jusqu’en 2028, seul un maigre 200 000 $ est alloué aux nouveaux projets. Ce n’est même pas la valeur d’une maison unifamiliale moyenne à Roberval !
Dès lors, deux options se présentent : soit faire un emprunt majeur qui fera bondir le compte de taxes tout en comptant sur la générosité du gouvernement (qui n’a pas plus d’argent), soit abandonner le projet.
Les sondeurs ont également posé la question suivante : quels sont les trois défis les plus importants que Roberval doit relever ? Deux priorités sortent du lot : le développement économique ainsi que la sécurité et le sentiment de sécurité.
Nous y voilà : l’itinérance dans les rues de Roberval. Dans une ville de 9 900 habitants, il est insécurisant de constater autant d'errance. Je dirais même que la municipalité a perdu de son charme de petite ville paisible.
De plus, cette situation coûte cher à la communauté, comme en témoignent les incendies de la bibliothèque municipale et de la maison du Jardin des Ursulines. Bravo, d’ailleurs, d’avoir interdit les campements d’itinérants cet été à la Pointe Scott !
À la question concernant les sujets à aborder lors des États généraux, plus de 60 % des répondants souhaitent que le développement économique et la mise en valeur du lac soient au cœur des discussions.
Les gens ont raison : pour se développer, grandir, assurer sa croissance et contrer le vieillissement de la population, la ville a besoin de nouvelles entreprises créatrices d’emplois. C’est facile à dire, mais beaucoup plus difficile à concrétiser.
Selon les experts, les États généraux sont un exercice de mobilisation permettant d'accroître le sentiment d’appartenance de la population à son milieu. L’événement ne sera toutefois une réussite que si un plan d’action concret est déposé rapidement, assorti d’un échéancier et de budgets précis. Sans suivi rigoureux, la démarche ne fera que susciter de la déception et nourrir le cynisme des citoyens.
Les États généraux, c’est la seule promesse électorale du nouveau maire Jean-François Boily. J’ai hâte de voir ce que nous réserve la suite.



