Le gouvernement du Québec a annoncé son intention de modifier les critères de priorisation des places dans les services de garde éducatifs à l’enfance, notamment dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées.
Ce faisant, la nouvelle orientation place désormais en tête de liste les personnes qui détiennent la citoyenneté canadienne ou la résidence permanente, ainsi que celles qui séjournent au Québec principalement pour y travailler et qui sont titulaires d'un permis de travail fermé. À l’inverse, les demandeurs d’asile, les travailleurs étrangers temporaires disposant d’un permis de travail ouvert et les étudiants étrangers n’auraient accès qu’aux places résiduelles.
Le gouvernement justifie cette décision par sa volonté de mieux répondre aux besoins des familles établies de façon durable dans la province et de préserver la mission des services de garde éducatifs, qui consiste à « soutenir les familles qui résident habituellement au Québec et participent à la vie économique et sociale ».
Cette décision s’inscrit dans la foulée d’un arrêt rendu par la Cour suprême en mars 2026 concluant que l'exclusion des demandeurs d'asile du régime des garderies subventionnées est contraire à la Charte canadienne des droits et libertés. Un projet de règlement doit être déposé dans les prochaines semaines afin d’officialiser ces changements.
« De la petite politique sur le dos des enfants et des demandeurs d'asile »
Québec solidaire (QS) a vivement critiqué l’initiative gouvernementale, accusant la première ministre, Christine Fréchette, de faire de la petite politique sur le dos des enfants et des demandeurs d'asile.
Le porte-parole en matière d’Immigration, Andrés Fontecilla, accuse la Coalition Avenir Québec (CAQ) de détourner l’attention des problèmes structurels du réseau des CPE.
« C'est une technique purement électoraliste pour cacher le bilan désastreux de ce gouvernement en matière de financement de notre réseau de CPE. Avec ce nouveau système de loterie, la Coalition Avenir Québec vient d'instaurer une hiérarchie entre les familles. », a déclaré Andrés Fontecilla, le porte-parole de QS en matière d'Immigration.
Le parti de gauche reproche également au gouvernement de faire porter la responsabilité de la pénurie de places en garderie aux demandeurs d’asile, alors que des milliers de familles sont toujours en attente d’un service de garde. Pour Québec solidaire, la solution ne réside pas dans une redéfinition des priorités, mais dans un investissement accru dans le réseau.
« Bloquer l'accès à une garderie à des tout-petits, c'est vraiment ça le Québec qu'on veut bâtir? On en est rendu là? Le manque de places en CPE ne se réglera pas en dressant des familles les unes contre les autres. Il va se régler en finançant correctement le réseau, en améliorant les conditions de travail et en créant enfin les places promises depuis des années. », a ajouté Alexandre Leduc, porte -parole de QS en matière de Famille.
À l’approche des prochaines élections prévues le 5 octobre, Québec solidaire promet d’ailleurs d’augmenter le nombre de places en services de garde en allant chercher davantage d’argent auprès des « ultra-riches ».