Derrière cette longévité, la nouvelle centenaire évoque une vie bien remplie, marquée par le travail, l’implication et une attitude positive. « Toute ma vie, quand je me levais le matin, je pensais à ce que je vais faire comme travail aujourd’hui », raconte-t-elle.
Son parcours familial témoigne également d’une histoire riche. Sa descendance s’étend sur cinq générations et compte 86 personnes : 7 enfants, 28 petits-enfants, 48 arrière-petits-enfants et 3 arrière-arrière-petits-enfants.
Malgré son âge vénérable, Moïsette Lavoie conserve son autonomie. Elle vit encore seule dans un HLM pour personnes âgées à Sainte-Hedwidge et continue même de cuisiner son pain. « Il y a des personnes qui viennent l’aider le matin. Mes sœurs la visitent régulièrement », explique son fils Mario Tremblay.
Au service du Domaine de Robert Campeau
Pendant une partie de sa vie active, en plus de s’occuper de sa famille, Moïsette Lavoie a travaillé au Domaine de Robert Campeau, à Sainte-Hedwidge. Cet homme d’affaires québécois était notamment connu pour ses activités importantes dans les secteurs immobilier et financier au Canada dans les années 1970 et 1980.
Le Domaine a accueilli plusieurs personnalités politiques du Québec et du Canada, dont les anciens premiers ministres Brian Mulroney et Robert Bourassa.
« C’est moi qui préparais les repas lorsqu’il venait à son Domaine avec ses invités », se rappelle-t-elle.
L’été, elle consacrait aussi beaucoup de temps à son grand jardin. Puis, lorsque la saison froide arrivait, elle reprenait son métier de tisserande jusqu’à la fin de l’hiver.
Une bénévole engagée dans sa communauté
Toute sa vie, Moïsette Lavoie a également consacré du temps aux organismes de son milieu. Parmi ses souvenirs, elle rappelle les campagnes de collecte de fonds organisées autrefois au Québec pour soutenir les personnes atteintes de la lèpre, aujourd’hui appelée maladie de Hansen.
« Ici, nous avions une équipe qui ramassait de l’argent pour les lépreux. On m’avait demandé de m’en occuper, ce que j’ai fait pendant une vingtaine d’années », explique-t-elle.
À l’époque, des cannes étaient distribuées dans les commerces et les lieux publics afin que les citoyens puissent y déposer des dons. « Souvent, c’était des sous noires. Chaque année, on ramassait de 200 $ à 300 $. Quand j’ai arrêté, nous étions rendus à près de 1 000 $ pour une seule année. »
Son message demeure simple : « Je demande aux gens de ne jamais refuser de donner de leur temps comme bénévole. »
Un mari au service de la forêt
Elle a été marié pendant plus de 60 ans à Ludovic Tremblay qui est décédé à l’âge de 88 ans. Il a travaillé comme garde-feu, une fonction qui a évolué avec les années vers celle d’agent forestier.
À ses débuts, il surveillait notamment les lignes téléphoniques reliant les tours de contrôle. « Au printemps, il partait avec un collègue pour s’assurer que tout était fonctionnel. Il passait tout l’été à vérifier l’équipement afin d’éviter les pannes téléphoniques », raconte, Claude, son fils.
Il a ensuite terminé sa carrière aux installations de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) à Roberval.